Bruxelles, 23/07/2001 (Agence Europe) - Les ministres de l'Agriculture des Quinze ont eu un premier débat d'orientation sur la réforme du secteur de la viande ovine et caprine qui s'est concentré sur le niveau proposé des primes, et ont une nouvelle fois évoqué, lundi soir, l'avenir du secteur des fruits à coque dont les mesures spécifiques d'aides à la production ont expiré le 15 juin dernier.
Il ressort du débat sur la réforme du secteur ovin et caprin que le Conseil peut accepter l'introduction d'une prime forfaitaire. Toutefois, sept Etats membres (Grèce, Espagne, Italie, Portugal, Irlande, Autriche, France) jugent les primes proposées trop basses, notamment pour les raisons suivantes: - le secteur ovin et caprin bénéficie de primes moins avantageuses que les autres secteurs et devrait donc être traité sur un même pied d'égalité que celui réservé à leurs concurrents directs (producteurs de viande bovine) ; - la période de référence utilisée pour calculer le niveau des subventions versées par le passé englobe les années où les primes ont été anormalement basses en raison des circonstances exceptionnelles liées à la crise de l'ESB. Les autres délégations sont satisfaites du niveau des primes proposées et insistent sur l'importance de la neutralité budgétaire. En ce qui concerne le calendrier et la modulation des paiements de la prime, certains pays producteurs craignent que la suppression des acomptes n'ait un effet négatif pour les producteurs ; l'Italie et la Grèce souhaitent quant à elles que le coefficient appliqué à la prime versée pour les brebis laitières soit supérieur à 80% ou qu'il y ait une certaine souplesse afin de permettre aux Etats membres d'adapter les primes à la situation prévalant dans leur pays. D'une manière générale, toutes les délégations se sont félicitées de la simplification proposée et la plupart soutiennent la proposition de passer à un régime qui soit davantage orienté vers le marché et plus compatible avec les règles de l'OMC. Plusieurs délégations regrettent que la proposition ne contienne pas certaines mesures (destinées à promouvoir une production extensive et de qualité ou concernant l'identification, la traçabilité et l'étiquetage) ou que la réforme proposée ne soit pas plus ambitieuse (en particulier en ce qui concerne le découplage de l'aide). La Commission a confirmé qu'une révision des règles relatives à l'identification et la traçabilité des ovins était en cours. La proposition actuelle n'exclut pas que soient présentées plus tard des propositions en vue d'une nouvelle réforme plus vaste.
Lors de son traditionnel compte rendu de la situation en matière d'ESB, le Commissaire David Byrne a indiqué qu'il proposerait, lors de la réunion hebdomadaire de la Commission européenne, ce mercredi, la date du 1er août pour la reprise des exportations de viande en provenance du Portugal. Il a par ailleurs annoncé son intention de présenter au Conseil, en septembre ou en octobre, un document de synthèse reprenant les résultats les plus significatifs des missions d'inspections effectuées dans les Etats membres par l'office vétérinaire et alimentaire. Concernant les farines de poissons, qui ne sont pas concernées par l'interdiction des farines de viande et d'os dans l'alimentation des animaux, il a déploré le fait qu'à l'exception de la Finlande, aucun Etat membre n'a répondu au questionnaire qu'il a adressé aux pays sur le respect de la législation communautaire. « La Commission devra réexaminer la décision d'autoriser les farines de poissons, jusqu'à ce que nous puissions être certains que les contrôles sont mis en oeuvre », a déclaré M. Byrne. Répondant aux préoccupations de la France (soutenue par l'Allemagne et l'Autriche), M. Byrne a précisé que la Slovénie, la République tchèque, la Pologne et la Hongrie pratiquaient déjà des tests de dépistage ESB sur tous les bovins sains de plus de 30 mois.
A l'heure ou EUROPE allait sous presse, les ministres devaient encore discuter de l'avenir du secteur des fruits à coque. Parmi les actions à entreprendre pour garantir le maintien de la production de fruits à coque, de châtaignes et de caroubes dans les zones de production traditionnelles, le ministre italien, Gianni Alemanno, devait proposer de: - poursuivre les mesures destinées à assurer l'achèvement du processus de regroupement des producteurs du secteur ; - de rétablir l'aide forfaitaire de 15 euros/100kg instaurée en faveur des noisettes (l'Italie totalise 80% de l'offre communautaire de noisettes); - mettre en place une aide, pour tout le secteur des fruits à coque, qui sera calculée par unité de surface et dont l'objectif serait de maintenir les plantations ; - mettre sur pied, à l'échelle communautaire, un registre de plantations des principales espèces de fruits à coque et d'ajouter les noix, les noisettes, les amandes, les pistaches, les châtaignes et les caroubes à la liste des produits qui font l'objet d'enquêtes statistiques ; - renforcer les contrôles aux frontières pour vérifier la conformité des produits importés avec les normes communautaires de commercialisation et phytosanitaires. Selon l'Italie, le secteur présente un « déséquilibre persistant » entre l'offre et la demande: l'offre mondiale de noisettes, notamment, se rapproche du million de tonnes du fait des investissements en augmentation constante de la Turquie et de l'arrivée de nouveaux pays producteurs comme l'Arménie, l'Azerbaïdjan, la Serbie, alors que la consommation s'est stabilisée autour des 610 000 tonnes. L'Espagne estime que le taux d'auto-approvisionnement du marché communautaire n'est que de 30%. Miguel Arias Canete devait demander de nouvelles aides à l'hectare accordées par le biais des organisations de producteurs pour les superficies présentant des niveaux déterminés de productivité et de qualité des produits.