Bruxelles, 17/07/2001 (Agence Europe) - Les espoirs d'un accord à Bonn entre les 180 pays réunis pour négocier les modalités d'application du Protocole de Kyoto ont fondu comme neige au soleil (voir EUROPE d'hier, p.9). Pour autant, la détermination de l'Union à mobiliser toute son énergie pour sauver le Protocole envers et contre tout - en particulier contre la tentative des Etats-Unis d'entraver sa ratification par des partenaires clés tels que le Japon et l'Australie- ne faiblit pas. La déclaration adoptée lundi par les chefs d'Etat et de gouvernement des Quinze en témoigne. Les leaders politiques de l'Union appellent tous les pays industrialisés à assumer leurs responsabilités dans l'effort commun requis pour lutter contre les changements climatiques, conformément à l'engagement qu'ils ont pris en ratifiant la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Publiée le jour où reprenaient, au niveau technique, les négociations interrompues en novembre à La Haye (COP 6 bis, 16-27 juillet), cette déclaration constitue un signal fort à l'adresse des Etats-Unis et du Japon, présents au G8 qui s'ouvre vendredi à Gênes avec les changements climatiques au menu des travaux.
Dans cette déclaration, les chefs d'Etat et de gouvernement motivent leur appel en attirant l'attention sur certains éléments-clés, à savoir: 1) la sixième conférence des parties à la Convention cadre des Nations Unies a pour but de résoudre les questions en suspens pour préparer l'entrée en vigueur du Protocole de Kyoto ; la conclusion d'un accord global sur ces questions devrait donc marquer une étape importante dans la lutte contre le réchauffement de la planète, en menant à la mise en œuvre du Protocole et à une application plus efficace de la Convention cadre; 2) à travers le Protocole, déjà signé par 84 pays et ratifié par 34, les pays industrialisés avaient accepté de réduire leurs niveaux combinés d'émissions de gaz à effet de serre d'au moins 5% d'ici à 2008-2012, par rapport aux niveaux de 1990. Pour cette raison, et conformément à la volonté réaffirmée par le Sommet européen de Göteborg, l'Union européenne reste fermement décidée à mettre le Protocole en œuvre d'ici à 2002; 3) la Communauté et ses Etats membres sont déterminés à respecter les engagements pris au titre du Protocole de Kyoto (réduction de 8% par rapport à 1990). Ayant déjà réussi à réduire ses émissions de 4% entre 1990 et 1999, l'UE est convaincue que des mesures complémentaires doivent être prises par les Etats membres et la Communauté pour assurer, comme elle le doit, la réduction des 4% restants. Le programme européen pour les changements climatiques qu'elle a mis en œuvre vise précisément l'adoption de ces mesures additionnelles.