Göteborg, 15/06/2001 (Agence Europe) - Le dîner de jeudi soir à Göteborg - que le président du Conseil européen Göran Persson avait voulu très informel - entre le président Bush, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE et le président de la Commission européenne, Romano Prodi, a porté essentiellement sur le changement climatique et le Protocole de Kyoto (et, d'une manière plus générale, la politique de l'énergie), les futures négociations commerciales multilatérales de l'OMC, les relations avec la Russie, la situation dans les Balkans et au Proche-Orient - essentiellement, donc, les thèmes traités lors de la réunion de George W.Bush avec la Troïka de l'UE, le même jour. Certains responsables européens, et notamment les Finlandais, ont particulièrement salué l'importance que le président américain entend donner à la coopération avec la Russie (George W.Bush doit rencontrer le président Poutine samedi en Slovénie). Au cours du dîner de Göteborg, la question du projet américain de défense antimissile (sur laquelle M. Bush avait décelé, mercredi, à Bruxelles une plus grande « réceptivité » chez ses collègues de l'OTAN) n'a pas été évoquée.
Nous avons essayé de nous concentrer sur « ce qui nous unit » plutôt que sur ce qui nous divise, a dit le secrétaire d'Etat Lars Danielsson dans la nuit de jeudi à la presse. La plupart des participants au dîner avec George W.Bush - dont les manières les ont plutôt agréablement surpris - ont insisté sur la tonalité constructive de la rencontre, mais les divergences sur le Protocole de Kyoto ont été confirmées. Ainsi, M. Larsson a noté que le président Bush avait répété, « de manière très éloquente », les explications déjà données à Washington sur l'attitude de l'Administration américaine concernant le Protocole de Kyoto, alors que les leaders européens ont confirmé la « position unie de l'UE » et leur intention de s'en tenir au protocole de Kyoto et de procéder à sa ratification, a indiqué M. Danielsson (le Premier ministre italien Silvio Berlusconi, après les flottements de son gouvernement à ce sujet avant sa mise en place, s'était aligné à cette position en disant, déjà à Bruxelles, que « Pacta sunt servanda »: voir EUROPE d'hier, p. 5). Nous avons examiné les moyens de poursuivre le dialogue et nous avons décidé de mettre en place un « groupe de haut niveau » de représentants américains et européens qui travaillera jusqu'à la réunion COP6 de juillet prochain à Bonn, a annoncé M. Larsson. Interrogé sur les membres de ce groupe de haut niveau, M. Larsson a précisé que la Présidence suédoise voulait en parler avec la future Présidence belge, car le groupe sera formé d'un représentant de la Présidence du Conseil de l'UE, un de la Commission, un des Etats-Unis. Il faudra que ce type de contact ait lieu « aussi rapidement que possible », a estimé M. Larsson. EUROPE croit savoir que, lors de la discussion plus générale sur la politique énergétique, le président Bush a souligné la nécessité du nucléaire, alors que le chancelier autrichien Wolfgang Schüssel a exprimé ses fortes réserves à ce sujet. Quant au futur round de l'OMC, M. Larsson a dit que les leaders européens et américains ont voulu donner un « signal politique fort » montrant qu'ils veulent éviter « le fiasco de Seattle ».
Les ministres des Affaires étrangères de l'UE, lors de leur dîner séparé avec le Secrétaire d'Etat Colin Powell, ont, selon les indications d'une source de la Présidence suédoise, entendu le Haut Représentant pour la PESC, Javier Solana, qui les a informés sur ses entretiens, le même jour à Skopje (en compagnie du Secrétaire génétal de l'OTAN Lord Robertson). M. Solana a donné "quelques bonnes nouvelles, quelques mauvaises nouvelles" sur les développements sur place, et des indications sur la manière dont la communauté internationale peut contribuer à la pacification dans l'Arym (collecte des armes, soutien à la prolongation du cesse-le-feu…). Le Premier ministre de l'Arym sera présent au Conseil Affaires générales du 25 juin à Luxembourg, et l'UE souhaiterait que des représentants des différentes formations politiques macédoniennes soient aussi présentes, a indiqué la Présidence suédoise.
Selon les mêmes sources, l'échange de vues avec Colin Powell sur le Proche-Orient a confirmé la volonté de l'UE et des Etats-Unis d'agir de concert en faveur de la paix: la seule manière d'y parvenir, c'est de s'en tenir au plan Mitchell et au plan Tenet, a affirmé le Secrétaire d'Etat américain. Enfin, M. Powell a profité de l'occasion pour dire à ses homologues européens qu'il serait opportun que les Etats-Unis puissent réintégrer la Commission des droits de l'homme de l'ONU (dont ils ont été exclus lors d'un vote récent).