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Bulletin Quotidien Europe N° 7985
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/conseil europeen de gÖteborg

Fortes réticences à une clarification substantielle du calendrier de négociation pour l'élargissement

Göteborg, 15/06/2001 (Agence Europe) - M. Persson a ouvert le débat sur l'élargissement en proposant aux Quinze de donner un « signal très fort » aux pays candidats de manière à leur faire comprendre que, malgré les irritations et incertitudes créées par le « Non » irlandais sur le Traité de Nice, le processus d'élargissement sera poursuivi avec la même dynamique, la même détermination politique et la même vitesse qu'au cours des derniers mois pendant lesquels la Présidence suédoise a pu faire des progrès considérables dans les négociations. A cette fin, le président du Conseil européen avait proposé des conclusions qui auraient clarifié le « calendrier » de négociations en allant au-delà de la déclaration de Nice. En particulier, M.Persson voulait inclure dans les conclusions de Göteborg l'affirmation de l'UE que, si on respecte la feuille de route (« road map ») approuvée à Nice, « alors il sera possible de conclure les négociations avec les pays candidats les plus avancés avant la fin de l'année 2002 ». Ceci a poursuivi, M.Persson, permettrait aux premiers candidats de participer aux élections européennes de 2004.

Cependant, dès le début de la discussion, il est rapidement apparu que -même s'ils soutiennent l'idée de donner un signal positif aux candidats- un grand nombre de chefs de gouvernement considère que la formulation de Nice (espoir que les premiers candidats pourront participer aux prochaines élections) était déjà suffisamment ambitieuse à ce stade des négociations et que, par conséquent, il serait opportun de ne pas mentionner la date de 2002, afin de ne pas mettre l'UE inutilement sous pression. Ainsi, l'Allemagne a estimé qu'il suffit de « confirmer » la déclaration de Nice, ce qui, selon son ministre des Affaires étrangères Joschka Fischer, serait déjà un « signal très clair » que le processus d'élargissement est devenu « irréversible ». « Si c'était à l'Allemagne de décider quand les négociations devraient se terminer, alors ce serait demain, plutôt qu'après-demain », a dit M.Fischer à la presse. « Mais ce n'est pas une question de souhaits ou de désirs, mais de résultats concrets dans les négociations » qui, à l'heure actuelle, ne permettent pas encore de dire quand les négociations seront closes, a dit M.Fischer. En novembre, après les prochains rapports réguliers de la Commission, « on verra plus clair », a-t-il ajouté. Le président français Jacques Chirac et son Premier ministre Lionel Jospin ont même été plus clairs: il serait « très inopportun » de fixer la date de 2002 comme date de conclusion des négociations, car cela pourrait mener à un « élargissement collectif » d'un grand nombre de pays, « y compris de pays qui ne seront peut-être pas prêts », aurait dit M.Jospin, selon des diplomates. « Ceci irait au détriment de la construction communautaire », aurait-il ajouté. « Il faut ouvrir l'élargissement, sans défaire l'Union européenne », a aussi estimé le président Chirac. La France a cependant plaidé pour une déclaration du Sommet de Göteborg en faveur de « l'irréversibilité » de l'élargissement, et a affirmé qu'elle pourrait accepter la règle selon laquelle les pays candidats, qui auront signé mais pas encore ratifié leur traité d'adhésion, puissent quand même déjà participer aux élections européennes de 2004. L'Autriche, le Portugal et les pays du Benelux ont aussi plaidé en faveur d'une simple confirmation de la formule de Nice (sans ajouter de date pour la fin des négociations), afin de ne pas mettre inutilement la pression sur l'UE, sans en mettre sur les candidats pour qu'ils se montrent plus flexibles dans les négociations.

La proposition de la Présidence suédoise était plus ou moins soutenue par le Royaume-Uni, l'Espagne, le Danemark et la Finlande. Pour le Royaume-Uni, « il faut soutenir la Présidence dans son souhait de donner un signal réaliste et qui aille au-delà de Nice, parce qu'il faut un signal fort d'encouragement pour les pays candidats, pas seulement au regard du référendum irlandais, mais aussi parce que le soutien à l'élargissement baisse dans ces pays », ont dit des diplomates.

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