Strasbourg, 15/06/2001 (Agence Europe) - Lors de sa session plénière à Strasbourg, le Parlement européen s'est prononcé à une courte majorité pour le maintien du nucléaire. En adoptant, jeudi, une résolution proposée par Rolf Linkohr (PSE, All.) sur l'approvisionnement pétrolier dans l'UE, les députés ont approuvé, par 214 voix pour, 200 contre et 13 abstentions, un paragraphe qui stipule que le PE "considère que, dans les conditions de sécurité qui règnent actuellement dans les centrales modernes, l'énergie nucléaire peut contribuer au remplacement partiel de la consommation de pétrole, à condition qu'une solution au problème des déchets soit trouvée".
Reprenant les données de la communication de la Commission sur l'approvisionnement en pétrole dans l'UE (voir EUROPE du 5 octobre 2000 p.8), les parlementaires soulignent que la consommation mondiale de pétrole devrait atteindre 115 millions de barils par jour jusqu'en 2020 et qu'à cette date, l'UE devrait dépendre à 85% des importations de pétrole. Ils encouragent dès lors la Commission et le Conseil à poursuivre le dialogue avec les pays producteurs et élaborer des stratégies à long terme avec "les régions du Golfe Persique, de la mer Caspienne, du Caucase et de l'Afrique de l'Ouest".
Demandant que l'UE déploie tous les efforts possibles pour trouver des produits de substitution au pétrole, les députés considèrent aussi "les sources d'énergie renouvelables et les biocombustibles comme des alternatives au pétrole et à ses dérivés" et invitent, "la Commission à présenter, compte tenu du potentiel des pays candidats à l'adhésion, une proposition visant à promouvoir le développement de la consommation et de la production de biocarburants". Ils souhaitent que la Commission et les Etats membres établisse des tarifs de transit qui offre aux énergies renouvelables des possibilités de développement.
Sur le plan fiscal, le PE "demande instamment au Conseil de prendre une décision sur le projet de directive relative à la fiscalité des produits énergétiques, bloquée depuis 1997" (224 voix pour et 173 contre). En revanche, le PE a rejeté un paragraphe qui aurait demandé "la suppression des différentes charges fiscales pesant sur les entreprises de transport en Europe" (227 contre, 183 pour, 24 abstentions).
Enfin, le PE "demande à la Commission de suivre attentivement et d'accélérer le processus de libéralisation des marchés du gaz et de l'électricité et de stimuler la concurrence" (246 voix pour, 164 contre, 6 abstentions).