Bruxelles, 16/05/2001 (Agence Europe) - L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a proposé, mardi, la création d'un mécanisme financier doté d'une enveloppe de 98 millions de dollars pour aider les pays les moins avancés (PMA) à améliorer la qualité et la sécurité sanitaire de leurs produits alimentaires. La proposition a été lancée au cours de la troisième conférence des Nations Unies sur les PMA qui se déroule à Bruxelles jusqu'à dimanche prochain.
Ce fonds, constitué à partir des contributions volontaires de donateurs bilatéraux et multilatéraux, serait destiné à réaliser des projets visant à « développer, réhabiliter, améliorer et maintenir les systèmes nationaux de vérification de la qualité et de la salubrité des aliments dans ces pays », indique la FAO dans un communiqué de presse. Il les aiderait aussi à se conformer aux normes internationales et à participer aux organes internationaux comme la commission du Codex alimentarius. « Des investissements substantiels sont nécessaires dans les réseaux d'irrigation et les infrastructures rurales, ainsi que dans le développement humain et institutionnel », a souligné le sous-directeur de la FAO, Hartwig de Haen, en insistant sur le fait que les progrès en matière de biotechnologie « peuvent mettre en péril la compétitivité de l'agriculture ». Si les investissements annuels dans le secteur agricole primaire en Afrique subsaharienne se poursuivaient au même rythme jusqu'en 2015, ils seraient inférieurs de 38% au niveau prévu pour atteindre l'objectif du Sommet mondial de l'alimentation (réduire de moitié la sous-alimentation dans cette région). Par ailleurs, le représentant de la FAO a précisé que le montant annuel de l'aide publique au développement a diminué de 20% entre les périodes 1981-1990 et 1991-1999.
Lennart Bage, du Fonds international pour le développement de l'agriculture (FIDA) (International Fund for Agricultural Development, IFAD), a indiqué que les PMA reçoivent à peu près 200 millions de dollars par an. Mais les aides publiques en faveur de l'agriculture ont chuté de 40% en dix ans. Baba Dioum, coordinateur de la conférence des ministres de l'Agriculture de l'Afrique de l'ouest et centrale, a stigmatisé les aspects « iniques » des échanges commerciaux comme l'érosion des préférences tarifaires qui posent de nombreux problèmes dans les 34 pays sur 49 PMA qui se trouvent dans ces régions d'Afrique. Bien que la mondialisation et la libération des échanges offrent de nouvelles possibilités de croissance dans toutes les régions du monde, les PMA se trouvent de plus en plus marginalisés dans le commerce des produits agricoles: la part combinée de leurs exportations est tombée de 5% du total mondial au début des années 70 à 1% à peine en 1996-1998.