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Bulletin Quotidien Europe N° 7966
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/etats-unis

Lors du débat sur le dialogue transatlantique, de nombreux députés critiquent la nouvelle administration américaine et insistent sur la dimension parlementaire du dialogue

Strasbourg, 16/05/2001 (Agence Europe) - La présidente du Conseil de l'UE, Anna Lindh, et le Commissaire européen aux relations extérieures, Chris Patten, ont, en intervenant mercredi lors du débat du Parlement européen sur l'état du dialogue transatlantique, souligné à la fois les questions qui divisent l'Europe et les Etats-Unis (en particulier, Protocole de Kyoto, peine de mort) et celles qui les rapprochent (comme les Balkans et le Proche-Orient, a dit la ministre suédoise des Affaires étrangères). Le Sommet de Göteborg avec le président Bush nous permettra de nous exprimer sur des dossiers comme celui de la défense antimissile, a noté en particulier Mme Lindh, en constatant que le débat à ce sujet ne fait que commencer (voir autre nouvelle au sujet des délibérations du Conseil sur les relations UE/Etats-Unis).

Chris Patten, qui a dit d'emblée n'avoir « aucune sympathie pour l'anti-américanisme », car il traduit « un manque de confiance en ce que c'est que d'être Européen », a esquissé les grandes lignes de la communication de la Commission pour une revitalisation du dialogue transatlantique. Ainsi, il a rappelé qu'elle identifie huit « thèmes stratégiques » qui resteront valables pendant plusieurs années, et aussi des mécanismes permettant de rendre le dialogue plus ciblé et plus concret: en parlant là de « plomberie », M. Patten a souligné que, au fil des années, les mécanismes de coopération sont devenus « plus complexes que nous ne l'avions voulu », alors que, a-t-il dit, il nous faut une sorte de « super-cargo » capable de transporter une marchandise « abondante et variée » à des coûts d'entretien pas trop élevés. Quant au contenu du dialogue, le Commissaire a cité en particulier « les manifestations de la face obscure de la mondialisation », comme la lutte contre la criminalité organisée, la drogue, le trafic d'êtres humains, les maladies transmissibles…

La communication de la Commission vient à point nommé, mais nous aurions besoin de quelque chose de plus « visionnaire », a estimé pendant le débat le conservateur britannique James Elles, qui a souhaité que le Sommet euro-américain de Göteborg lance un agenda Europe/Etats-Unis allant jusqu'en 2004, et qui a suggéré la tenue d'un sommet atlantique annuel rassemblant l'Union européenne, les Etats-Unis et l'OTAN. Comme M. Elles et bien d'autres, l'élu de la CDU Elmar Brok (qui a regretté en particulier qu'il n'y ait pas d'attitude commune UE/Etats-Unis au sujet de l'Ukraine) a insisté sur la dimension parlementaire du dialogue transatlantique. Pat Cox, président du groupe libéral, a aussi évoqué ce thème, en estimant qu'il faut faire preuve d'"inventivité législative" et en soulignant le rôle que les députés des deux rives de l'Atlantique peuvent jouer pour éviter que l'on en vienne, parfois « par hasard », à de nouveaux conflits entre l'UE et les Etats-Unis. Ce qu'a fait aussi le président du groupe socialiste, Enrique Baron, qui a dit avoir eu de très intéressants et francs entretiens, la semaine dernière, avec le Congrès, et qui a critiqué en particulier le projet américain de bouclier antimissile: pour accroître la sécurité dans le monde, il faut plutôt lutter contre la pauvreté et l'instabilité dans les pays pauvres, s'est-il écrié. Heidi Hautala, coprésidente du groupe des Verts/ALE, s'est exprimée dans le même sens, en notant que la meilleure contribution qu'on peut donner à la sécurité et à la stabilité du monde, c'est d'atténuer les inégalités et assurer un développement durable. On peut parler aujourd'hui de « crise » entre Washington et l'Europe, a-t-elle dit, en citant, comme d'autres, l'attitude de l'Administration Bush sur le Protocole de Kyoto. Attitude dénoncée aussi par Francis Wurtz, président du groupe de la Gauche unitaire/Gauche verte nordique, qui, en notant que l'Administration Clinton était déjà marquée par un certain « unilatéralisme, stigmate du complexe de superpuissance » (il a évoqué l'opposition aux accords sur les mines antipersonnel et la Cour pénale internationale, ainsi qu'à la Charte des droits des enfants…), a estimé, en citant le changement climatique et le bouclier antimissile, que les premières décisions importantes de l'Administration Bush « dépassent en gravité ce qu'on a connu jusqu'ici ». Sommes-nous condamnés à continuer à protester, mais sans finalement réagir ?, s'est-il demandé. Et il a conclu: non, si nous présentons un front uni à Quinze, nous trouverons des alliés partout dans le monde, et même « jusqu'au Congrès ». Quant à Paul Coûteaux, membre français du groupe de l'Europe des démocraties et des différences, il a été très véhément, en parlant des Etats-Unis comme d'une société « fondée sur le génocide » et qui « se nourrit » de la violence: nous, Européens, sommes comme « le lapin fasciné par le boa qui va le mordre », s'est-il exclamé, en accusant les Etats-Unis de vouloir « ligoter les Etats de la terre entière ». Le Parlement adoptera ce jeudi une résolution sur le dialogue transatlantique.

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