Bruxelles, 30/04/2001 (Agence Europe) - L'élargissement, les Balkans, les droits de l'homme et le débat sur l'avenir de l'Europe seront les quatre plats de résistance de la réunion informelle des ministres européens des Affaires étrangères, qui se tiendra ces 5 et 6 mai à Nyköping, au sud de Stockholm. Selon la formule consacrée des réunions de type dit "Gymnich", les ministres seront accueillis dans la ville natale du ministre suédois des Affaires étrangères, Anna Lindh, pour deux jours de débats sans agenda "officiel". Toutefois, la présidente du Conseil Affaires générales a adressé une lettre à ses homologues proposant de structurer les débats autour de quelques grandes questions et insistant pour que les interventions soient "concises". La réunion se conclura le dimanche 6 mai par un déjeuner avec les ministres des Affaires étrangères des pays candidats, consacré à un débat sur l'avenir de l'Europe. Les questions suivantes seront abordées par les Quinze:
L'élargissement sera discuté lors du déjeuner de samedi, pour préparer la position des ministres sur la question de la libre circulation des personnes, en vue du Conseil Affaires générales des 14 et 15 mai, et de la réunion conjointe des ministres des Affaires étrangères de l'UE et des 13 pays candidats, le 15 mai à Bruxelles. La Commission a présenté ses propositions le 11 avril (voir EUROPE du 12 avril, p. 6). L'Espagne pourrait soulever dans ce contexte la question du lien entre la future réforme de la politique régionale et les négociations d'élargissement (voir EUROPE du 27 avril p. 12).
Le processus de rapprochement des deux Corées sera évoqué samedi durant le déjeuner ou en début d'après-midi. Le secrétaire d'Etat suédois Hans Dahlgren fera un compte rendu de la visite en Corée du sud et du nord de la Troïka européenne composée par le premier ministre suédois, Göran Persson, le Commissaire Chris Patten, et le Haut Représentant pour la Pesc, Javier Solana (voir EUROPE du 28 avril, p. 8).
La situation au Moyen-Orient sera traitée dans l'après-midi de samedi. "Il est inévitable de consacrer un peu de temps à la question", écrit Anna Lindh, en précisant que "les derniers développements sont extrêmement préoccupants et j'espère que Javier (Solana) nous présentera ses idées sur la meilleure manière de progresser pour l'UE et le statut de la feuille de route".
La politique européenne des droits de l'homme fera l'objet d'un débat samedi en fin d'après midi, sur la base d'un questionnaire de la présidence et d'une introduction du Commissaire Patten, qui exposera les grandes lignes de sa communication sur les droits de l'homme (qu'il présentera la semaine prochaine). "Les droits de l'homme sont une question qui mérite davantage d'attention du Conseil Affaires générales et de l'UE en général", commente Mme Lindh, qui propose de se concentrer sur trois questions: 1) la société civile: comment l'UE peut-elle développer ses relations avec les ONG ? Les contributions des syndicats, par exemple, peuvent-elles être mieux intégrées dans l'activités de l'UE?; 2) les droits des enfants: comment l'UE peut-elle promouvoir davantage ces droits et la Convention des droits de l'enfant dans le contexte d'une stratégie européenne des droits de l'homme ? De quelle manière les actions conjointes de l'UE peuvent-elles être utilisées au mieux pour combattre le trafic d'êtres humains et l'exploitation sexuelle des enfants ?; 3) la liberté des médias: constatant la dégradation de la situation des médias dans des pays tels que la Russie, l'Ukraine, l'Iran et la Turquie notamment, Mme Lindh propose d'examiner les moyens d'aborder les questions de liberté de la presse, en dehors des "dialogues politiques" réguliers.
La situation dans les Balkans occidentaux sera abordée dimanche dans la matinée. Commençant par le cas du Monténégro, la présidente du Conseil propose deux axes de réflexion: 1) que doit faire l'UE pour éviter une crise constitutionnelle prolongée entre Belgrade et Podgorica, après les résultats des élections du 22 avril au Monténégro?; 2) Comment utiliser au mieux les instruments disponibles pour encourager les deux parties à renouer le dialogue dans la perspective d'une solution négociée?
Mme Lindh suggère ensuite d'évaluer la mise en œuvre du processus de stabilité et d'association avec les pays de la région, afin de préparer le Sommet de Göteborg qui adoptera des conclusions sur ce sujet. "L'UE devrait concentrer son message sur la nécessité de mettre pleinement en œuvre les accords de stabilité et d'association, principal instrument de rapprochement avec l'UE", écrit-elle en dressant un état des lieux des négociations en cours ou en voie d'achèvement, notamment avec la Macédoine qui a signé un accord le 9 avril, et avec la Croatie qui pourrait signer un accord en septembre.
A plus long terme, la présidente demande à ses homologues si les instruments actuels sont suffisants, et s'ils adhèrent à l'idée d'une "conférence régionale" proposée par le ministre des Affaires étrangères de la République fédérale de Yougoslavie, Goran Svilanovic.
Le débat sur l'Avenir de l'Europe sera repris lors du déjeuner commun de dimanche avec les ministres des Affaires étrangères des pays candidats, sur la base des discussions du 9 avril lors du Conseil Affaires générales à Luxembourg, et le 23 avril dans le cadre de la conférence sur "le Futur de l'Europe-2004 et au-delà". Mme Lindh propose de se concentrer sur: 1) des commentaires sur les sujets soulevés par les débats nationaux; 2) la définition d'options pratiques sur les différentes phases de préparation de la CIG de 2004.