Bruxelles, 30/04/2001 (Agence Europe) - 83 % des citoyens de l'UE se montrent plutôt satisfaits de la vie qu'ils mènent et 34 % d'entre eux pensent qu'elle s'améliorera en 2001. Ils sont également une large majorité à soutenir la politique de défense et de sécurité commune et à souhaiter voir l'Union jouer un plus grand rôle. En revanche, ils se montrent plutôt tièdes à l'égard de l'élargissement et connaissent mal les institutions de l'UE et la ventilation de son budget. Telles sont les principales conclusions du 54ème Eurobaromètre, publié le 30 avril et dont EUROPE avait déjà livré certaines données en février. Ce dernier exercice statistique, réalisé entre le 14 novembre et le 19 décembre 2000 auprès de plus de 16.000 personnes dans les quinze Etats membres, révèle par ailleurs une légère érosion du soutien à l'euro.
50 % des citoyens européens considèrent leur appartenance à l'UE comme une bonne chose, la plupart d'entre eux estimant que leur pays en a retiré des avantages. Ils sont également 55 % à soutenir l'euro, même si un léger tassement est observé par rapport au sondage du printemps 2000 (- 3 %, le nombre d'Européens qui y sont opposés passant de 33 à 37 %), le plus fort de ce soutien provenant de la zone euro, où 62 % des citoyens sont favorables à la monnaie unique, alors qu'ils ne sont que 23 % dans les Etats membres qui n'en font pas partie (Suède, Danemark, Royaume-Uni).
L'Eurobaromètre confirme que l'UE bénéficie d'un soutien important à la politique de défense et de sécurité commune (73 %), et révèle que près de deux Européens sur trois (65 %) pensent que l'UE devrait avoir une politique étrangère commune. Ces statistiques sont confirmées par le fait que 45 % des Européens aimeraient que l'UE joue, dans cinq ans, un rôle plus important qu'actuellement, 28 % se prononçant pour le statu quo et 14 % seulement désirant qu'elle joue un rôle moins important.
Autre source de satisfaction pour les acteurs de la construction européenne: la confiance des citoyens dans les institutions européennes. La 54ème édition de l'Eurobaromètre révèle que 46 % des sondés font confiance à la Commission, contre 40 % seulement au printemps 1999, au lendemain de la démission de l'équipe Santer. Quant au Parlement européen, il reste l'institution qui inspire le plus confiance (53 %) parmi l'ensemble des institutions européennes.
Enfin, plus généralement, 30 % des Européens pensent que la situation du marché de l'emploi s'améliorera dans leur pays en 2001 et 27 % pensent que la situation financière de leur ménage s'améliorera.
La 54ème édition de l'Eurobaromètre comporte néanmoins un certain nombre de données moins positives pour les défenseurs de la cause européenne. C'est ainsi que l'élargissement, priorité des priorités, n'est considéré comme une urgence que par 26 % des sondés. En outre, 35 % y sont opposés et seulement 44 % favorables, 21 % étant sans opinion. Et il ne s'agit là que d'une moyenne. En effet, 70 % des Grecs, 59 % des Italiens, 58 % des Espagnols et 56 % des Suédois et des Danois se prononcent en faveur de l'élargissement pour seulement 36 % des Allemands, 35 % des Français, 32 % des Autrichiens et 31 % des Britanniques ! S'il faut accueillir de nouveaux Etats membres, 70 % des Européens souhaiteraient qu'il s'agisse de la Suisse et de la Norvège, qui ne sont pas candidates ... L'adhésion de Malte est soutenue par 48 % des sondés et le pays candidat d'Europe centrale qui recueille le plus grand nombre de suffrages est la Hongrie (46 %), suivie par la Pologne (44 %); la Roumanie n'est soutenue que par 33 % des personnes interrogées, la Turquie par 30 %. Cette tiédeur à l'égard de l'élargissement est liée aux coûts supposés de l'opération: 50 % des citoyens pensent qu'elle coûtera cher à leur pays (qui recevra moins d'aides) et 35 % seulement sont en faveur du versement d'une aide aux pays candidats pour les aider à rejoindre l'UE. En outre, la population craint que l'élargissement n'ait pour conséquence des niveaux de chômage plus élevés. Le Danemark (62 %), l'Italie (54 %), la Finlande, les Pays-Bas et la Suède (53 % chacun) sont les plus touchés par cette inquiétude.
Autre source de préoccupation: seuls 29 % des citoyens connaissent assez bien, voire très bien, l'Union européenne. Et ils sont 30 % à penser que la plus grosse part du budget de l'Union européenne passe en frais administratifs, alors que les salaires des fonctionnaires, l'organisation de réunions, la location des bâtiments et autres dépenses de fonctionnement ne représentent que 5 % du budget total de l'UE.
Questionné sur la tiédeur des Européens à l'égard de l'élargissement et sur leur faible connaissance des institutions, le porte-parole de la Commission, Jonathan Faull, a indiqué en substance que la Commission, via ses bureaux dans les Etats membres, et les Etats membres eux-mêmes oeuvreraient pour dissiper certains "malentendus". Il a également précisé que le Commissaire Verheugen allait lancer une grande campagne d'information sur l'élargissement par l'intermédiaire des bureaux de la Commission dans les Etats membres et en collaboration avec ces derniers.
Reste que 62 % des citoyens de l'UE se sentent fiers d'être Européens et qu'ils sont 40 % à être satisfaits de la façon dont fonctionne la démocratie (mais 43 % sont peu ou pas satisfaits du tout).