Bruxelles, 26/04/2001 (Agence Europe) - Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a décidé ce jeudi, sans grande surprise, de maintenir inchangés ses taux directeurs. La BCE entend se montrer ferme face aux pressions externes en faveur d'une baisse des taux d'intérêt. L'une des principales raisons de sa rigueur monétaire est la persistance des tensions inflationnistes dans l'Union européenne (voir EUROPE du 26 avril, p.5). Le taux de soumission minimal appliqué aux opérations de refinancement demeure inchangé à 4,75%, tandis que les taux d'intérêt de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt restent fixés à, respectivement, 5,75% et 3,75%.
La pression devrait à nouveau se faire sentir sur le Président de la BCE Wim Duisenberg lors de la réunion de printemps du Fonds monétaire international et la réunion du G7-Finances ce week-end à Washington.
Le libéral démocrate britannique Chris Huhne, membre du Parlement européen, a défendu la Banque centrale européenne contre ceux qui font pression pour qu'elle réduise ses taux d'intérêt. "Etant donné que l'inflation dépasse encore le plafond de 2% (…) et que la zone euro opère probablement à pleine capacité, il n'y a pas de raisons de critiquer la BCE pour sa décision. Jusqu'à présent, elle a pris les bonnes décisions en matière de taux d'intérêt", a estimé le parlementaire européen. "Ceux qui critiquent la banque oublient que les taux d'intérêt de la zone euro sont à peine un quart de point plus élevés que les intérêts des Etats-Unis, alors que les perspectives pour l'économie de la zone euro sont bien meilleures", a-t-il ajouté, en rappelant aussi que les exportations de la zone euro vers les Etats-Unis n'atteignent que 2% du PNB de l'Union.