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Bulletin Quotidien Europe N° 7951
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/presidence belge

Le Mémorandum syndical souhaite l'approfondissement du modèle social européen à travers le dialogue social et le dialogue macro-économique européen - Emilio Gabaglio demande des sanctions en cas de non respect des procédures d'information-consultation des travailleurs

Bruxelles, 24/04/2001 (Agence Europe) - En vue du Sommet de Laeken de décembre prochain, la Confédération européenne des syndicats (CES) et ses affiliées belges, la CSC/ACV et la FGTB/ABVV, ont présenté le 23 avril à Bruxelles le " Mémorandum de la CES, la FGTB et la CSC à la Présidence belge de l'UE" (voir EUROPE d'hier, p.13). Rédigé avec le soutien total de la CES, ce Mémorandum souhaite "une présidence belge ambitieuse associant les partenaires sociaux" à ses travaux et ayant pour objectif "un plein emploi de qualité doublé d'une croissance économique", et plaide pour "une fiscalité européenne juste" et une Europe ouverte et solidaire. Le Mémorandum demande à la future présidence d'accélérer certains dossiers comme ceux des retraites, de l'égalité des chances entre femmes et hommes, de l'information-consultation des travailleurs, de la défense des services d'intérêt général, de l'accès à la formation des travailleurs âgés, du télétravail, de la santé et la sécurité des travailleurs face aux nouvelles technologies et de la lutte contre le stress.

Je me félicite "de ce Mémorandum tempestif qui reflète pleinement les revendications de la CES", a déclaré le Secrétaire général de la CES Emilio Gabaglio lors d'une conférence de presse avec les présidents de l'ACV Luc Cortebeek et de la FGTB Michel Nollet. Selon M. Gabaglio, la politique macro-économique dans l'UE doit pouvoir "garantir le taux de croissance envisagé à Lisbonne", et la Banque centrale européenne "doit adopter une attitude différente", car si son mandat est de veiller à la stabilité des prix, elle doit aussi "coopérer aux objectifs économiques et sociaux de l'UE". La Présidence belge "doit veiller à la qualité de l'emploi et faire des efforts pour réaliser de meilleures performances du marché de l'emploi", a ajouté M. Gabaglio.

Quant à la vague de fermetures d'entreprises en Europe, M. Gabaglio réclame "une action coordonnée, forte et claire au niveau européen". Selon lui, "il faut des solutions alternatives, et "des sanctions claires et efficaces en cas de violation évidente et prouvée des procédures par les directions des entreprises concernées. Il ne sera plus possible d'arriver sous présidence suédoise à l'approbation de la directive information-consultation des travailleurs au plan national, car il ne reste plus que deux mois", s'est exclamé M. Gabaglio, en affirmant: "C'est donc à la Présidence belge de jouer son rôle et nous demandons qu'elle s'active".

Au sujet de la déclaration sur l'avenir de l'Europe attendue du Sommet de Laeken, M. Gabaglio a souligné que pour la CES "ce débat sur l'avenir de l'Europe doit être ouvert à tous, doit être "un débat - citoyen, avec le mouvement syndical et tous les représentants de la société civile, sur une Europe sociale, pleinement démocratique et, pourquoi pas, politique". Toutes ces attentes seront soulignées lors d'une grande manifestation syndicale à Bruxelles, la veille du Sommet de Laeken, a annoncé M. Gabaglio en concluant: "Nous voulons faire mieux à Bruxelles qu'à Nice, pour rendre visible la volonté de participation critique du mouvement syndical".

Le Mémorandum syndical se concentre notamment sur les axes suivants: 1) l'avenir de l'Europe et le grand débat public associant les syndicats nationaux et européens; 2) une Europe de l'emploi et de la croissance, avec une insistance particulière sur une plus grande transparence dans les travaux des différents comités (Comité de politique économique, Comité économique et financier) et sur la nécessité, en vue de l'introduction de l'euro, d'assurer la meilleure protection possible des consommateurs et des salariés; 3) les droits des travailleurs et la politique sociale: "Nous n'avons pas la même vision de l'Etat social actif que Guy Verhofstadt ou Tony Blair!", a noté Michel Nollet, en précisant qu'il faut "mettre un terme à la domination de l'économique sur le social". Eradication de la pauvreté, mise en route des travaux de l'Observatoire pour les mutations industrielles ou encore mise en place d'un Commissaire chargé de la surveillance des restructurations, sont autant de requêtes syndicales à la Présidence belge; 4) la coopération fiscale: "Il n'y aura pas d'Europe sociale sans harmonisation fiscale" a déclaré M. Nollet en estimant que devaient figurer à l'ordre du jour de la Présidence belge le régime fiscal à appliquer au statut de la société anonyme européenne, les conséquences fiscales liées au développement des nouvelles technologies, l'harmonisation de la TVA, le lancement d'une étude sérieuse sur la faisabilité de "la taxe Tobin"; 5) l'unification de l'Europe: les syndicats demandent que le social soit pris en considération dans le développement de relations commerciales privilégiées avec les pays de l'Est qui, y compris la Russie, ne sont pas candidats à adhérer à l'UE. A propos de la libre circulation des travailleurs, les syndicats s'opposent clairement et explicitement à une introduction sélective de la libre circulation favorisant les travailleurs particulièrement qualifiés, car elle nuirait au développement du potentiel économique des pays candidats.

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