Damas, 24/04/2001 (Agence Europe) - La Syrie et la Commission européenne ont repris le 23 avril les négociations pour un accord euroméditerranéen entre ce pays et l'UE. Cette 6ème session, qui se prolongeait mardi, devait permettre des échanges de vues sur le cadre général des relations euro-syriennes, avant d'entrer dans le détail du contenu du futur accord. Il s'agit d'explorer les moyens, à la fois, d'intégrer la Syrie dans le schéma d'accords d'association signés par l'UE avec les pays méditerranéens et de l'aider à réformer son économie et ses structures administratives. Plusieurs actions ciblées dans différents secteurs économiques (entreprises, banques, etc.) ont lieu régulièrement, parallèlement au processus de négociation.
Pour Hani Habeeb, l'ambassadeur syrien auprès de l'UE, "nous nous sommes engagés à conclure un tel accord, mais nous sommes soucieux que les négociations aboutissent à un résultat équitable et équilibré garantissant les intérêts des deux parties". Son voeu est en particulier que l'accord garantisse l'accès des produits agricoles syriens au marché européen, et il réclame, pour ce faire, "la levée de tous les obstacles" sur lesquels butent les ventes syriennes vers l'Europe. Quant au domaine industriel, il a dit en substance qu'on ne peut pas livrer les entreprises syriennes à la concurrence européenne sans avoir renforcé leurs capacités compétitives, ni maintenir face à elles les protections du marché européen.
Actuellement, l'exercice en cours avec la Syrie semble surtout marqué par la volonté de dissiper les malentendus nés de déclarations du ministre syrien de la planification, le Dr Issam El Zaïm, qui a parlé de "diktat européen" à propos de la perspective d'une ouverture du marché syrien aux produits européens sans être assurés d'une contrepartie équitable. "Nous croyons que le développement de la démocratie doit se baser sur le développement national et non résulter de diktats étrangers, et c'est là un des problèmes dans les négociations", a affirmé le ministre, selon des agences de presse, en laissant même entendre qu'un report des négociations était possible. Le chef de la Délégation de la Commission européenne à Damas, Marc Pierini, a cherché à dissiper ces malentendus en publiant un communiqué dans lequel il assure que ni "dans la substance du projet d'accord" d'association, "ni dans la nature ou le style de la négociation" il n'y a "rien qui puisse faire penser à un diktat".
M. Pierini s'est déclaré "perplexe" face à la présentation des négociations faite de source gouvernementale et par les médias syriens, selon laquelle l'UE fait preuve de protectionnisme agricole et veut pousser la Syrie à accélérer les réformes sans tenir compte des retombées sociales ou budgétaires. La Syrie "a décidé elle-même qu'elle avait besoin de réformer son économie" et l'UE "n'essaye pas de lui imposer une formule quelconque", dit le communiqué, en précisant que l'UE indique seulement qu'un rythme soutenu de réformes constitue un signal essentiel, qui aurait une influence importante sur l'évolution des investissements dont la Syrie "a besoin pour relancer son économie qui stagne depuis 20 ans". M.Pierini a aussi souligné que la Syrie doit compter plutôt sur le dynamisme de ses entreprises que sur des garanties d'accès, somme toute, théoriques. "Si l'Europe fixe un quota à droit zéro pour ses importations dans une catégorie, disons l'huile d'olive, cela ne garantit pas une place sur son marché: la Syrie devra alors se battre contre d'autres exportateurs", explique-t-il dans son communiqué.