Bruxelles/Luxembourg, 24/04/2001 (Agence Europe) - L'Espagne devrait s'opposer, lors du Conseil Pêche qui se tient à Luxembourg ce mercredi, à la poursuite des négociations en vue d'un nouvel accord de pêche avec le Maroc. Selon des sources diplomatiques espagnoles, l'adoption d'un nouveau mandat de négociation qui permettrait une compensation financière plus élevée serait un "suicide" et un mauvais précédent pour les négociations avec d'autres pays tiers. Le montant exigé par les autorités marocaines correspond à quatre fois le prix versé sous le précédent accord de pêche, constatent les diplomates espagnols, qui soulignent aussi que la proposition alternative du Maroc visant à permettre à la seule flotte artisanale de pêcher dans ses eaux n'est pas viable, dans la mesure où la zone proposée par les autorités marocaines se situe à 12 milles alors que ces bateaux ne peuvent pas se déplacer au-delà de deux milles. Dans ces conditions, l'Espagne optera pour la mise en oeuvre d'un plan de restructuration de la flotte concernée à compter de juillet prochain.
Cette attitude a été confirmée, mardi à Luxembourg en marge du Conseil Agriculture, par le ministre espagnol Miguel Arias Canete, qui a précisé qu'il ne peut y avoir qu'un accord "portant sur tous les segments de la flotte, dans des conditions techniques raisonnables et avec une compensation financière proportionnelle".
Dans une lettre au Commissaire Franz Fischler, le ministre marocain des pêches, Saïd Chbaatou, insiste sur la volonté du Maroc de poursuivre les négociations. Cette lettre n'apporte cependant rien de nouveau, selon un porte-parole de la Commission, qui note que Rabat réitère simplement son exigence de 90 millions d'euros de compensation financière annuelle et sa proposition alternative pour la pêche artisanale.