Luxembourg, 02/04/2001 (Agence Europe) - Lydie Polfer, ministre luxembourgeoise des Affaires étrangères, a, dans une contribution au débat désormais ouvert sur l'avenir de l'Europe, rappelé qu'une des clés du succès de l'unification européenne est la méthode communautaire. Et elle a ajouté: "Qu'il faille l'adapter, tout le monde en conviendra. Mais je ne voudrais pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Nous continuerons d'avoir besoin d'institutions fortes (...). En même temps, nous devons tenir compte du fait que nous vivons dans une union d'Etats et de peuples. Toute équation future devra en tenir compte. (...) Miser sur l'intergouvernementalisme classique mène à l'impasse; faire abstraction du facteur de l'Etat-nation, de même".
Par ailleurs, Mme Polfer pense que "le citoyen s'intéressera davantage à l'Europe si nous parlons des grands enjeux politiques plutôt que de questions de pouvoir institutionnel et de mécanique". Autant le citoyen s'intéresse à qui est responsable pour quoi, autant il se moque des détails des procédures", estime la ministre, pour qui "la vraie transparence" exige de la part des citoyens "une compréhension des grands enjeux et des responsabilités". Tout en reconnaissant que, le moment venu, il faudra des spécialistes "pour traduire dans des textes constitutionnels et juridiques le résultat du débat démocratique à mener", Mme Polfer s'est écriée: "Mais, de grâce, essayons cette fois-ci d'avoir ce débat au préalable".
Selon elle, le thème de l'élargissement sera peut-être une bonne occasion pour "revenir aux sources", car l'extension de l'Union à l'est et au sud est "véritablement une oeuvre de paix", qui devrait, en outre, "nous inciter à une réflexion plus générale sur la problématique de la solidarité", avec les futurs partenaires, mais aussi entre régions et Etats, entre générations, face à la mondialisation. Quant à la délimitation des compétences, elle aimerait qu'on élargisse le débat, et qu'on s'interroge "de façon plus approfondie sur ce que doit être le contenu des politiques de l'UE", en se demandant si le citoyen veut plus ou moins d'Europe. Son impression est qu'il veut "les deux à la fois, puisqu'il réclame, par exemple, une plus grande présence européenne sur la scène internationale, alors qu'il reproche à l'Union de "trop rentrer dans les détails "ou d'exercer ses compétences de manière non appropriée dans d'autres domaines.