Bruxelles, 02/04/2001 (Agence Europe) - Le groupe socialiste du Parlement européen a organisé le 29 mars à Bruxelles un séminaire sur les propositions de la Commission de fin novembre dernier sur le droit d'asile et à l'immigration, afin de mettre en contact des parlementaires européens et des membres socialistes des Parlements nationaux qui, tôt ou tard, devront se prononcer sur ces deux sujets sensibles. Selon le groupe socialiste, les discussions ont été très positives et les parlementaires ont tous estimé que les deux textes de la Commission "sont un premier pas indispensable, mais pas suffisant pour rattraper le retard pris par rapport au Sommet de Tampere d'octobre 1999". Dans son allocution d'ouverture, le Commissaire Antonio Vitorino (Justice/Affaires intérieures) a insisté sur la nécessité de concrétiser les conditions de Tampere, qui avait proposé "la création d'un régime commun d'asile-immigration et d'un espace judiciaire commun de lutte contre la criminalité internationale organisée".
Les travaux se sont déroulés dans deux groupes de travail sur
- l'asile (présidé par Robert Evans). Les participants se sont dits d'accord, en particulier, sur les grands principes humanitaires et sur la nécessité d'établir une norme commune en matière d'asile, de répartir équitablement les charges financières au sein de l'UE, de vérifier l'actualité de la Convention de Genève (qui date d'il y a 50 ans). En outre, s'est dégagé le souhait général d'avoir une définition plus précise de ce que les socialistes peuvent entendre par "asile humanitaire".
- l'immigration (présidé par Anna Terron I Cusi). Dans ce contexte a été évoquée en particulier la multiculturalité de la société. Pour les parlementaires socialistes des pays du sud de l'UE, cette multiculturalité est une bonne chose, mais il faut préciser qu'elle doit respecter les valeurs européennes, la protection des citoyens et surtout des femmes. Kofi Yamgnane, breton d'origine togolaise (qui représente un exemple d'immigration économique réussie, étant maintenant maire d'un village de 300 personnes en Bretagne), a fortement insisté sur les valeurs de l'UE et la multiculturalité en appelant à "moins de frilosité face à un phénomène, qui est une vraie chance pour notre vieille Europe et un vrai enrichissement". Autres thèmes évoqués, le problème de la fuite des cerveaux, le partenariat avec les pays d'origine, l'impact des tendances démographiques sur l'immigration, la lutte contre les filières clandestines et la criminalité organisée.
Devant la presse, Anna Terron I Cusi et le président du groupe socialiste Enrique Baron Crespo ont affirmé que l'immigration est un "élément substantiel de la configuration de l'Europe comme espace de liberté et de justice". Anna Terron I Cusi a proposé, pour sa part, la création d'un groupe de travail permanent sur l'immigration au sein du groupe socialiste.