Bruxelles, 28/03/2001 (Agence Europe) - Dans une brochure intitulée "La Belgique et la politique européenne de sécurité et de défense" (Pesd) publiée par le CRISP (Centre de recherche et d'information socio-politiques), André Dumoulin estime que ce ne sera pas facile pour la Présidence belge du Conseil de l'UE, pendant le deuxième semestre de cette année, de "proposer un agenda contraignant" sur une série de thèmes de la Pesd. Et il cite en particulier "l'avenir de l'article V du Traité de Bruxelles au sein même de l'Union" (l'article du Traité de l'UEO prévoyant l'assistance mutuelle entre Etats membres) et le concept d'une "armée européenne" lancé par le premier ministre belge Guy Verhofstadt. Selon M. Dumoulin, en revanche, la Présidence belge pourrait "insister sur l'idée de satellites de reconnaissance européens", sur l'avenir de l'Institut d'études de sécurité de l'UEO" (qui a son siège à Paris et qui est transféré à l'UE: NDLR), accélérer la "concrétisation opérationnelle de l'état-major du Corps européen" (l'Eurocorps, à Strasbourg) comme noyau du futur état-major opérationnel de l'UE, et travailler à "la révision des rôles respectifs des parlements de l'UE, de l'UEO et des parlements nationaux, et à la "formalisation" des réunions des ministres de la Défense des pays de l'Union européenne. La Présidence belge "pourrait aussi relancer la question des relations entre l'Union européenne et l'OTAN, sachant que la Présidence suédoise ne devrait pas y insister beaucoup", estime M. Dumoulin, pour qui la Belgique pourrait aller jusqu'à proposer "un protocole" à ce sujet et "donner une base plus solide et aux liens entre l'UE et l'OTAN, qui seraient ainsi "moins ambigus".
André Dumoulin suggère aussi que "quelques paragraphes" de la "grande déclaration" attendue du Conseil européen de Laeken des 14 et 15 décembre prochain pourraient poser la question de "l'identité stratégique européenne". Selon lui, en matière militaire, la Belgique "pourrait préparer la voie à la définition d'un concept stratégique commun, en faisant le point sur les convergences et divergences qui existent encore entre les différents concepts nationaux". Enfin, il estime que la Belgique pourrait poser "le problème d'une opérationnalité plus précoce de l'UE, à savoir avant le début de 2003, dans le cadre de l'objectif de forces" adopté par les Quinze, et aussi aborder, "malgré certaines réticences de la France, des Britanniques et des neutres, pour des motifs chaque fois différents", la question de "l'ancrage juridique" du Comité politique et de sécurité (Cops) du Conseil et des "acquis militaires d'Helsinki dans le Traité de l'Union". (Courrier hebdomadaire N.1700. CRISP, 1A Place Quetelet, Bruxelles 1210).