Bruxelles, 28/03/2001 (Agence Europe) - La Commission européenne a décidé d'ouvrir une enquête approfondie à propos de l'acquisition des entreprises belges Pantochim et Eurodiol par le groupe allemand BASF AG. Le groupe allemand exerce l'essentiel de ses activités dans le secteur des produits chimiques spéciaux ainsi que d'autres produits chimiques. Il exerce, plus secondairement, des activités dans les secteurs de la santé, de l'agro-alimentaire, du pétrole et du gaz. Pantochim fabrique plusieurs produits chimiques (essentiellement de l'anhydre phtalique et des plastifiants) alors qu'Eurodiol est spécialisé essentiellement dans le butanediol et les produits dérivés de celui-ci (GBL, NMP et THF), utilisés dans le domaine pharmaceutique, en chimie agricole et dans le secteur de l'électronique. La première enquête de la Commission a montré que l'opération soulevait des doutes sérieux sur les marchés du GBL, du THF et du NMP sur lesquels BASF occupe déjà la première place. En acquérant Eurodiol, BASF conforterait sa position et accroîtrait ses parts de marché pour les produits en question jusqu'à atteindre deux à trois fois celles de ses plus grands concurrents. D'autre part, l'enquête a révélé que l'accès au marché était malaisé: l'importation de dérivés de butanediol des Etats-Unis ou d'Asie, où sont implantés les principaux producteurs, est rendue difficile en raison des droits de douane et des frais de transport élevés. La construction de nouvelles installations de production en Europe pour un accès direct aux clients nécessite, par ailleurs, de gros investissements. A ces raisons, déjà importantes, s'ajoute le fait que, avec l'acquisition d'Eurodiol, BASF deviendra propriétaire d'une technologie à faible coût qui lui donnera la possibilité d'accroître encore ses capacités de production. Sur le marché du GBL, BASF posséderait ainsi la totalité des capacités de production sur le marché européen alors que ses deux plus gros concurrents sont installés aux Etats-Unis. Or, les exportations de ceux-ci, entravés par les droits de douane et des frais de transports élevés les empêcherait de concurrencer efficacement le groupe allemand.
Afin de remédier à cette situation, BASF avait proposé à la Commission certains engagements au cours de la première phase de la procédure. Après examen, la Commission a estimé cependant qu'ils n'étaient pas suffisants et décidé de prolonger la procédure en deuxième phase. Elle devrait rendre sa décision dans quatre mois, après avoir entendu les arguments des parties.