Stockholm, 23/03/2001 (Agence Europe) - Le premier ministre suédois Göran Persson a dit à la presse, vendredi, que les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE avaient, lors de leur rencontre avec le président russe Vladimir Poutine, en marge du Conseil européen de Stockholm, exprimé leur « préoccupation » au sujet de la situation en Tchétchénie, tout en soulignant en même temps leur volonté d'intégrer la Russie dans les structures européennes (voir autre nouvelle). Les Quinze et la Commission se sont entretenus avec M. Poutine à partir de 11h30 environ, et ils ont poursuivi leurs discussions avec lui durant le déjeuner, alors qu'au même moment les ministres des Affaires étrangères déjeunaient avec le ministre russe Igor Ivanov.
Interrogé par la presse sur la crise tchétchène, M. Poutine a dit: « nous partageons » les préoccupations de l'UE, et il y a des « problèmes humanitaires à régler », comme celui du retour des réfugiés. Nous sommes prêts à coopérer avec les organisations internationales à cette fin, a assuré le président russe. Il faut aussi renforcer les structures institutionnelles dans la république, redresser la situation économique et créer des emplois, parce que le chômage est un important facteur dans le développement de la criminalité, a-t-il ajouté, en affirmant que cette tâche « énorme » exige un « appui financier ».Actuellement, il n'y a plus d'opérations militaires en Tchétchénie, a dit M. Poutine, qui a rappelé que la Russie a retiré une bonne partie de ses troupes mais conserve en Tchétchénie le nombre nécessaire pour garder le contrôle de la situation. Et il a voulu faire « un parallèle » avec la situation actuelle en Macédoine, en affirmant que, lorsque la Russie avait quitté la Tchétchénie, en 1996, « ce vide avait été exploité par les nationalistes, les terroristes et les extrémistes religieux ». Aujourd'hui, nous assistons au même type de situation en Macédoine, et ceux qui attaquent la Macédoine « ne sont pas des rebelles, mais des terroristes », qu'il faut désarmer, si on veut assurer la sécurité de la région, a estimé le président russe.
Je ne trouve pas que cela soit la « comparaison la plus exacte » qu'on puisse faire, a commenté le Commissaire européen aux Relations extérieures Chris Patten, en répondant à la presse au sujet du parallèle fait par le président Poutine entre la Tchétchénie et la Macédoine.