Bruxelles, 16/03/2001 (Agence Europe) - Les ministres de la Justice et des Affaires intérieures de l'UE et leurs collègues des pays candidats à l'élargissement ont convenu vendredi, à l'occasion d'une réunion conjointe en marge du Conseil JAI, d'étendre et d'intensifier leur coopération dans le domaine de la lutte contre le trafic des êtres humains. Combattre ce fléau est la « priorité principale » de la Présidence suédoise dans le domaine de la justice et des affaires étrangères, a dit à la presse le ministre suédois de la Justice, Thomas Bodström. « Je suis donc très content de pouvoir dire qu'il y a un accord entre les pays membres de l'UE et les pays candidats pour augmenter les efforts et la coopération. Il est tout à fait inacceptable que l'esclavage continue à exister en Europe », a déclaré M. Bodström. Afin de mieux impliquer les pays candidats dans la lutte contre le trafic des êtres humains, l'UE va examiner la possibilité d'associer les pays candidats au programme communautaire STOP, qui finance des projets dans ce domaine. « Nous avons aussi souligné l'importance que les pays candidats et tous les Etats membres ratifient enfin la Convention des Nations Unies dans ce domaine », a dit le ministre. La problématique de la lutte contre le trafic de stupéfiants a également été discutée. Selon M.Bodström, les ministres se sont essentiellement exprimés en faveur d'une participation des pays candidats à l'Observatoire européen des drogues à Lisbonne, ainsi que pour un accès au système d'alerte précoce en cas d'arrivée sur le marché de nouvelles drogues synthétiques, de manière à être tenus au courant et de tenir au courant les Etats membres de l'UE. "Nous avons aussi discuté de la possibilité d'organiser, dans l'avenir, des réunions d'experts des pays de l'UE et des pays candidats pour améliorer notre coopération", a dit M. Bodström. Par ailleurs, Europol est en voie de conclure des accords de coopération avec la Pologne et la Hongrie; l'espoir a été exprimé vendredi que d'autres suivront rapidement. Les possibilités d'une coopération renforcée en matière de politique d'asile et de migration ont également été débattues en détail. A ce stade, plusieurs pays candidats ont déjà fait des progrès considérables en ce qui concerne l'alignement de leur politique sur celle de l'UE, « mais beaucoup de travail reste à faire », a dit la ministre suédoise chargée de la politique d'asile, Maj-Inger Klingvall. Les pays candidats doivent améliorer leur régime d'asile, respecter la Convention de Genève et mieux garantir le droit individuel à l'asile, a dit Mme Klingvall. « Il est très important que les pays candidats ne soient pas seulement des pays de transit (pour les demandeurs d'asile), mais qu'ils deviennent aussi des pays qui appliquent le droit d'asile » sur leur propre territoire, a dit la ministre. Mme Klingvall a aussi insisté sur la nécessité, pour les pays candidats, de renforcer la sécurité de leurs frontières extérieures et d'aligner leurs politiques de visa sur celle de l'UE, « bien avant l'élargissement ».