Strasbourg, 16/03/2001 (Agence Europe) - Le processus de transition en Ukraine a échoué dans une large mesure (l'état de droit n'a pas été consolidé, les libertés ne sont pas assurées): à partir de cette constatation, Paavo Väyrynen (libéral finlandais) appuie dans son rapport adopté jeudi en plénière la stratégie commune de l'Union à l'égard de ce pays. Des progrès s'imposent en matière de réforme politique et de droits de l'homme, dit le PE, même s'il identifie un élément positif, l'abolition de la peine de mort. Sur le plan économique, le PE demande que l'on maintienne au moins le rythme actuel des réformes économiques, et souligne que l'UE peut jouer ici un rôle important; cependant (amendement du groupe socialiste) il met en garde contre toute illusion que l'intégration à l'UE soit un objectif que l'économie ukrainienne pourrait rapidement atteindre. Beaucoup d'efforts sont nécessaires dans l'agriculture et l'énergie, mais le PE se félicite de la fermeture définitive de la centrale de Tchernobyl, tout en demandant des rapports réguliers sur le déclassement du site. Quant à l'assistance technique, le PE , tout en approuvant les choix faits dans le cadre de Tacis, demande le renforcement du programme Tacis pour la démocratie, afin de soutenir la société civile et des médias indépendants. Dans le domaine de la justice et des affaires intérieures, il plaide pour une réforme du secteur policier et judiciaire et, tout en constatant qu'il est impossible pour l'instant de dispenser les citoyens ukrainiens d'un visa d'entrée dans l'UE, il estime que ces visas devraient être très largement accordés aux citoyens ukrainiens. Le PE reconnaît en outre le rôle que l'Ukraine peut avoir dans la recherche de solutions à des problèmes régionaux (tels que ceux des Balkans) et dans la gestion de crises. De façon plus générale, le Parlement est convaincu que l'UE devrait accorder davantage d'attention aux pays de l'Est non candidats: tous les Etats européens peuvent demander d'adhérer à l'Union s'ils remplissent les critères politiques et économiques, rappelle-t-il, en suivant son rapporteur.
Dans son rapport, M.Väyrynen parle de la stratégie commune pour l'Ukraine comme faisant "partie d'une politique paneuropéenne globale de l'UE", et reprend une idée qui lui est chère, celle d'une Europe construite comme un système en cercles concentriques, dans lequel l'UE utiliserait "systématiquement l'OSCE et le Conseil de l'Europe pour préparer les candidats actuels et futurs au statut de membre et pour promouvoir les objectifs de la Pesc et de l'intégration au niveau paneuropéen". (Rappelons que, dans cette vision de M. Väyrynen, l'Union elle-même serait différenciée, avec un "noyau fédéré - une Fédération - au coeur de l'Union qui s'élargit, qui se développerait, dans son ensemble, en tant que confédération"). L'Union européenne a déjà décidé de recourir à l'instrument de l'Action commune dans le cadre de l'OSCE, et "il est maintenant temps de commencer à utiliser ce forum systématiquement et efficacement pour promouvoir nos objectifs communs", affirme le rapporteur, pour qui l'UE devrait recourir aux Actions communes aussi au sein du Conseil de l'Europe, en couvrant en principe "tous les domaines de nos politiques". En effet, dit-il, il y a une nécessité urgente de coopération paneuropéenne dans plusieurs domaines, comme les transports, l'énergie, la sûreté nucléaire, l'environnement et la lutte contre la criminalité".