Bruxelles, 12/03/2001 (Agence Europe) - Alors que le Président de la Commission européenne est "extrêmement préoccupé par l'avenir du programme Galileo", les ministres des Finances des Quinze ont discuté lundi du financement de ce projet dans ce qui était juste un point d'information par la Commission, a assuré la Présidence du Conseil. M. Prodi a fait part de son inquiétude dans une lettre écrite fin février à Göran Persson, à qui il demandait que le sommet de Stockholm donne le feu vert à la deuxième phase de ce projet européen de navigation par satellite. M. Prodi propose aussi que la structure unique de gestion et de développement de Galileo, qui n'a toujours pas été créée, soit une entreprise commune qui regrouperait entre autres les Etats qui veulent aller au-delà de leur participation au budget de l'UE. Avec un feu vert du sommet, la création de cette entreprise pourrait être décidée en quelques semaines, assure-t-il. Destiné à être opérationnel en 2008, après 3,25 milliards d'euros d'investissements, le programme Galileo est pour l'instant suspendu à la décision de lancement de la phase de développement-validation, plusieurs Etats membres -Allemagne, Royaume-Uni et Pays-Bas en tête- exigeant précisions et garanties sur le financement du projet. M. Prodi dénonce la demande de "certains Etats membres que le financement par le secteur privé de la phase de déploiement après 2005 soit déjà assuré", alors que l'industrie attend le feu vert pour se manifester et que l'on "sait que le financement privé n'est nécessaire que pour la phase de déploiement".
Par une lettre d'un tout autre ton, écrite quelques jours après, Gerrit Zalm, ministre néerlandais des Finances, "préoccupé" par "le financement de Galileo", dit au Conseil Ecofin qu'il doute de la poursuite du projet. "Si le secteur privé n'est pas prêt à investir dans Galileo, nous devrions sérieusement (…) repenser à deux fois avant de donner le feu vert à ce projet", écrit-il, en notant qu'il n'y a "jusqu'à présent aucune manifestation d'intérêt de la part du secteur privé"
Galileo sera aussi utilisé à des fins militaires, a déclaré à la presse le ministre français des Finances, Laurent Fabius. Cette déclaration va à l'encontre de ce que la Commission européenne a toujours affirmé, à savoir que Galileo serait un système uniquement civil.