Bruxelles, 12/03/2001 (Agence Europe)- Les douze ministres des Finances de la zone euro, réunis dimanche soir à Bruxelles, se sont montrés confiants dans les perspectives de l'économie de la zone euro malgré le ralentissement américain et les signes de faiblesse au Japon. « La zone euro conserve une capacité de croissance interne aux alentours de 3 % pour l'année 2001 et pour 2002. Nous sommes armés pour résister au ralentissement américain et à la situation du Japon», a dit lundi à la presse le ministre belge Didier Reynders, président de l'Eurogroupe. M. Reynders a précisé que la situation « préoccupante du Japon » serait abordée lors de la réunion informelle des ministres des Finances à Malmö (du 20 au 22 avril). Le Commissaire européen Pedro Solbes a dit pour sa part que « l'évolution de la demande interne continue à être très forte ».
L'Eurogroupe, par ailleurs, a dégagé des pistes pour la mise en chantier de sa propre réforme. Ainsi, un groupe de travail sera créé pour préparer sa réforme structurelle. Il sera composé de représentants des ministères des Finances des Quinze, de la Commission et, en fonction des thèmes, de représentants de la Banque centrale européenne (BCE). Les pays non membres (Royaume-Uni, Suède et Danemark) seront donc associés au processus. Didier Reynders a suggéré de mener la réflexion sur l'avenir de l'Eurogroupe à la fin de cette année, et a plaidé pour le renforcement de la structure et du caractère formel de l'enceinte des Douze, notamment par le biais des coopérations renforcées. Et il a dit qu'il n'exclut pas la création d'un poste permanent de représentant de la zone euro, un « Monsieur ou une Madame euro ».
L'Eurogroupe a aussi décidé de mettre à l'ordre du jour de ses travaux une série de thèmes structurels, tels que l'influence du vieillissement de la population sur les budgets des Etats membres ou l'évolution du marché du travail.
Quant au Conseil européen de Stockholm, l'Eurogroupe a insisté sur le renforcement de la coordination des pays de la zone euro lors de l'exercice des Grandes orientations de politiques économiques (Gopes), par le biais, par exemple, d'un chapitre commun, à côté de ceux des trois pays extérieurs à la zone euro. « Nous souhaitons une analyse plus pointue. Nous devons nous rendre dans les instances internationales telles que le G7, nous avons donc besoin de repères communs», a déclaré Didier Reynders.
L'Eurogroupe devra, dans les prochains mois, traiter aussi de la préparation du basculement des monnaies nationales vers l'euro, et, particulièrement, de l'évaluation mensuelle de la production des pièces et des billets en euro, et de plusieurs opérations communes: la semaine de présentation de l'euro, qui débutera le 9 mai, la présentation des premières « véritables » pièces et billets en septembre, la distribution d'euro-kits dans certains Etats le 15 décembre.