Bruxelles, 06/03/2001 (Agence Europe) - Les organisations syndicales pourraient appeler les fonctionnaires de la Commission européenne à observer une journée de grève la semaine prochaine, à moins que leurs revendications ne soient prises en compte. Répondant à l'appel des six organisations syndicales et professionnelles (OSP) qui s'opposent aux nouvelles propositions sur la politique du personnel adoptées par le collège le 28 février dernier (voir EUROPE du 1er mars, p.6), les fonctionnaires se sont prononcés à une majorité écrasante, vendredi dernier, en faveur d'un préavis de grève.
Mardi, une réunion avec les syndicats, présidée par Philippe Lowe, chef de cabinet du Commissaire Kinnock, visait à "cadrer les dossiers les plus conflictuels", selon les termes de l'Union syndicale. Il s'agit en particulier de l'instauration d'une structure "plus linéaire" avec une promotion non plus fondée essentiellement sur l'ancienneté et les concours, mais sur le mérite. Cette proposition "se traduirait par une réduction considérable de l'avancement des carrières et de la masse salariale", stigmatise un secrétaire de l'Union syndicale. Autres griefs formulés à l'encontre du projet de réforme administrative: l'évaluation annuelle (et non plus une fois tous les deux ans) des fonctionnaires et la promotion en fonction des prestations, qui « risqueraient de mettre la maison en ébullition en instaurant un climat d'entreprise privée où tout le monde serait en concurrence pour arriver à la promotion ». Les syndicats dénoncent aussi, non seulement la manière "démagogique" avec laquelle le Commissaire Kinnock conduirait les négociations avec les syndicats mais encore, d'un "point de vue philosophique", la tentative "ultralibérale" de changer la nature du statut du personnel.