Bruxelles, 06/03/2001 (Agence Europe) - Ludowijk Briet, le directeur de la DG relations extérieures de la Commission européenne, s'est expliqué ce mardi, en public, devant la commission temporaire Echelon du Parlement européen sur l'affaire Desmond Perkins (voir EUROPE du 2 mars). Il a endossé la responsabilité des propos tenus devant cette même commission par M. Perkins. Il a qualifié d'absurdes "les allégations de la presse qui veulent que la Commission autorise l'accès à ses services de cryptage". Tout en rejetant l'existence d'un lien entre la Commission européenne et l'agence nationale de sécurité américaine (NSA), il a reconnu que les Etats-Unis peuvent intercepter les messages des Européens, mais sans pouvoir les décoder. Il a admis que la NSA "vérifie régulièrement" les codes utilisés par les systèmes de cryptage de la Commission européenne, mais a dit qu'il s'agit d'opérations "passives", indépendantes de la volonté des Européens. M. Briet a démenti l'information du porte-parole de la Commission, Jonathan Faull, selon laquelle Siemens aurait utilisé comme argument de vente un test préalable par la NSA du système de cryptage destiné aux Européens. Les députés européens se sont déclarés peu convaincus par ces explications. Le député allemand Gerhard Schmid, rapporteur de la commission Echelon, a mis en avant "les divergences entre les informations de M. Perkins et les démentis de la Commission européenne". Il a menacé de "demander la constitution une commission d'enquête à l'encontre de l'exécutif européen".