Bruxelles, 06/03/2001 (Agence Europe) - Le président de la Banque centrale européenne Wim Duisenberg a estimé ce lundi, devant la commission économique et monétaire du Parlement européen, que le ralentissement de la croissance des Etats-Unis n'aura qu'un impact limité sur celle de la zone euro, en justifiant de la sorte la volonté de la BCE de ne pas desserrer sa politique monétaire, en laissant inchangé son taux directeur à 4,75 %. En même temps, M. Duisenberg a déclaré que "les incertitudes actuelles sur la croissance mondiale impliquent la nécessité de renforcer les bases d'une croissance non inflationniste en Europe". L'objectif est de maintenir la stabilité des prix à moyen terme et de faire tomber l'inflation, qui était de 2,4% en janvier, sous le plafond de 2%, fixé par la BCE, a dit M. Duisenberg, qui a confirmé que la BCE s'attendait à voir chuter l'inflation sous cette limite dans les prochains mois. Même si les récents développements ont "fait apparaître" des risques plus équilibrés que prévu pour la stabilité des prix", la BCE favorise toujours une politique de prudence, notamment suite à la volatilité des taux de change et des prix pétroliers, a affirmé M. Duisenberg. La BCE prévoit que la croissance devrait s'approcher de 3% dans la période 2001-2002, a-t-il indiqué, en ajoutant que "ce taux pourrait se maintenir à ce niveau au-delà de 2002, ce qui permet de prévoir une période de croissance robuste accompagnée d'une baisse du chômage". Par ailleurs, le président de la BCE a incité les Etats membres à agir dans le sens de la modération salariale et à poursuivre sur la voie de la consolidation budgétaire. Au passage, il a écorné les programmes de stabilité de certains pays, qui "ne sont pas assez ambitieux étant donné que la réduction de la pression fiscale ne s'assortit pas de restrictions appropriées du côté des dépenses". En outre, les programmes de stabilité ne reflètent pas les progrès qu'il faut faire si on veut relever les défis budgétaires à long terme, et procéder en particulier aux ajustements budgétaires nécessaires dans certains pays pour faire face au vieillissement de la population.
Dans un autre registre, en évoquant l'élargissement de l'Union européenne, Wim Duisenberg a précisé que, parmi les modèles examinés pour la BCE dans une Union élargie, la formule de rotation des membres du Conseil des gouverneurs de la BCE est la plus probable, dans la perspective de voir un jour la zone euro fonctionner à plus de 25 pays. Actuellement, l'instance de décision de la BCE comprend 18 membres.