Bruxelles, 06/03/2001 (Agence Europe) - Réunis le 6 mars à Bruxelles sous la présidence de Mona Sahlin, les ministres de l'Emploi et des Politiques sociales de l'UE ont eu un premier échange de vues sur la viabilité et la sûreté des retraites en Europe. Ils ont tous mis l'accent sur la dimension économique des systèmes de retraites et, donc, sur la nécessité de coopérer avec le Conseil Ecofin, et ont estimé que la méthode de coordination ouverte doit être retenue dans le respect du principe de subsidiarité, et donc de la diversité des situations nationales. Ils ont convenu que les dix principes présentés dans la communication de la Commission d'octobre 2000 sur des retraites "viables et sûres" (voir EUROPE du 13 octobre, p.12) doivent être le point de départ de cette coordination ouverte.
En introduisant le débat ouvert, la Commissaire Anna Diamantopoulou s'est prononcée pour l'utilisation de la méthode ouverte de coordination, parce qu'elle a eu des effets positifs, en matière d'emploi par exemple. M. Briet, président du Groupe à Haut niveau sur la protection sociale, a souligné pour sa part qu'il faut assurer aux retraités un revenu sûr et convenable tenant compte de l'équilibre des finances publiques et des charges qui pèseront sur les générations futures. Le Portugal a aussi évoqué la nécessaire solidarité entre générations et a estimé qu'il est nécessaire de se doter d'indicateurs communs et fiables, et les Pays-Bas ont aussi insisté sur "la qualité de systèmes de retraites viables, en les dotant d'indicateurs communs" et sur l'importance d'avoir une approche intégrée (processus de Lisbonne). Selon la Belgique, le Sommet de Stockholm pourra, par une "approche globale" du problème des retraites, "donner une impulsion aujourd'hui, mais c'est à Göteborg qu'on pourra définir de façon plus précise les objectifs communs généraux à mettre en place en respectant le principe de subsidiarité". Pour l'Allemagne, le renforcement de la méthode de coordination ouverte permettra un dialogue politique réel, fixant des objectifs communs dans le respect des différences nationales. La France s'est dite d'accord avec les priorités de la Commission (sécurité, équité, solidarité) et a estimé que le message de Stockholm doit être que l'avenir des retraités "est un problème de finances publiques, mais aussi de capacité de nos régimes à poursuivre leurs finalités sociales". Pour la Finlande, il faut coordonner les travaux des Conseils Ecofin et Social, et la méthode de coordination ouverte ne doit pas donner lieu à des "processus lourds". L'Espagne a dit souhaiter une méthode de coordination "suffisamment souple, et Autriche, Grèce, Irlande, Italie, Royaume-Uni et Suède se sont prononcés pour cette méthode, alors que le Danemark a estimé "prématuré de fixer une méthode de coordination ouverte", et préfère qu'on commence par procéder à un échange d'informations et qu'on vérifie si l'on peut dégager des indicateurs communs. Enfin, le Luxembourg s'est dit favorable à la méthode de coordination ouverte "parce qu'une harmonisation législative s'avère très difficile dans ce domaine" et a dit qu'il est "important d'évaluer nos systèmes de retraites en fonction d'indicateurs".
Accueil favorable du Comité permanent de l'emploi au rapport de
la Commission européenne pour Stockholm
Le Comité permanent de l'emploi, réuni mardi sous la présidence de la ministre suédoise de la sécurité sociale Ingela Thalen et en présence des ministres des Affaires sociales de l'UE (ou leurs représentants), de la Commissaire Anna Diamantopoulou et des représentants des partenaires sociaux européens, a salué dans l'ensemble le rapport de synthèse de la Commission européenne pour le Conseil européen de Stockholm, alors que du côté des syndicats les critiques n'ont pas manqué (voir EUROPE du 3 mars, p.16, au sujet de la lettre du Secrétaire général de la CES Emilio Gabaglio à Göran Persson).
EUROPE reviendra demain sur cette discussion préparant le sommet de Stockholm.