Bruxelles, 02/03/2001 (Agence Europe) - En adoptant à l'unanimité, jeudi, un rapport de Vitaliano Gemelli (démocrate-chrétien, italien), le PE critique la communication de la Commission d'avril 2000 sur la politique européenne de développement. Le Parlement regrette que l'UE ne soit pas capable d'avoir une réelle vision d'avenir et que ses politiques soient partielles et menées au coup par coup. Il préconise une vision différente reposant à la fois sur la rationalisation de l'utilisation des ressources et des investissements plus adéquats.
Dans un amendement adopté par 238 voix pour, 165 contre et 60 abstentions, les députés demandent que, « pour combattre le fléau du VIH/SIDA et des maladies induites, le principe d'attribution de licences gratuites aux Etats concernés par la fabrication et la commercialisation des médicaments appropriés soit appliqué, conformément au principe d'urgence sanitaire ». Le PE souligne aussi la nécessité d'établir des indicateurs fiables et globaux pour évaluer les progrès accomplis dans la prestation de services de santé et pour juger de l'impact des politiques macro-économiques sur l'état de santé de la population. La « nécessité de permettre aux pays en voie de développement (PVD) de développer leur autonomie alimentaire, notamment en appuyant les revendications dans ce sens dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) » est prise en compte. Les députés préconisent par ailleurs la réduction, voire l'annulation de la dette extérieure, « à la condition que les sommes qui seront ainsi économisées soient utilisées exclusivement pour lutter contre la pauvreté, en particulier au moyen de mesures dans les secteurs de la santé et de l'éducation ». Le PE indique toutefois qu'il se rallie à la démarche de la Commission qui consiste à axer la politique du développement sur l'éradication de la pauvreté et souligne que, pour être efficaces, les stratégies adoptées devront s'attacher à renforcer les infrastructures sociales et sanitaires et la capacité productive des catégories pauvres de la population, « ce qui implique l'accès à la culture, à la technologie, à l'éducation et au crédit ».