Bruxelles, 27/02/2001 (Agence Europe) - Le président monténégrin Milo Djukanovic est venu défendre lundi à Bruxelles son projet d'indépendance pour le Monténégro. Dans le même temps, Javier Solana comme Chris Patten ont souligné leur opposition à ce projet.
Dans un long discours prononcé à l'invitation du Centre for European Policy Studies, de l'International Crisis Group et de la Friedrich Ebert Stiftung, Milo Djukanovic a estimé que sa proposition de créer une union de deux Etats indépendants "est rationnelle parce qu'elle se fonde sur la situation actuelle". Par contre, la proposition de fédération du Président yougoslave "sur bien des aspects mettrait le Monténégro dans une situation pire que celle de la Constitution de 1992". Le président monténégrin, qui a insisté sur l'opposition de son pays à Slobodan Milosevic, sur sa sagesse politique et sur les réformes économiques et sociales entreprises, a appelé la communauté internationale, et l'UE en particulier, à ne pas l'oublier. Il s'est placé en faux contre "l'idée qui se crée dans la communauté internationale que tous les problèmes sont réglés par le départ de Milosevic". "Ce n'est malheureusement pas le cas. Son départ élimine le problème clé qui empêchait de résoudre les problèmes essentiels pour la stabilité de la région. La relation Monténégro-Serbie est un de ces problèmes, a-t-il souligné".
Interrogés à ce sujet lors de la conférence de presse qui a suivi le Conseil Affaires générales de lundi, MM. Solana et Patten qui ont rencontré M. Djukanovic dans la journée, ont averti le Monténégro de ne pas prendre de décision d'indépendance unilatérale. Pour M. Solana, "le message est clair, nous n'allons pas couper les liens (avec celui qui a été) un allié précieux dans des moments difficiles. Mais (…) l'UE n'est pas favorable à la séparation. Elle n'est pas favorable non plus à des mesures unilatérales. Nous ne sommes pas d'accord avec son discours". "Nous ne sommes pas d'accord avec lui, mais ce n'est pas une raison pour ne pas le rencontrer", a dit M. Patten.