Bruxelles, 23/02/2001 (Agence Europe) - Le leader chypriote turc Rauf Denktash a écrit le 21 février aux chefs de gouvernement des Etats membres de l'UE et à la Commission européenne en leur demandant d'utiliser leur influence afin que "le processus unilatéral d'adhésion à l'UE de l'administration chypriote grecque ne progresse pas ultérieurement tant que les Chypriotes turcs et grecs de l'île seront réconciliés". M. Denktash affirme dans sa lettre qu'il veut rappeler "encore une fois la gravité de la situation entraînée par la demande des Chypriotes grecs d'adhérer à l'UE, avant que la partie grecque soit ultérieurement encouragée à s'attendre de pouvoir devenir membre de l'UE au nom de "Chypre" et sans un règlement politique final dans l'île".
La poursuite du processus d'adhésion a "sérieusement miné le processus de l'ONU" en vue d'un règlement dans l'île, estime M. Denktash, qui affirme que la partie chypriote turque a participé à ce processus "de bonne foi entre décembre 1999 et novembre 2000", alors que la partie grecque avait, "lors du quatrième round des pourparlers de proximité, à New York, boycotté les pourparlers en réaction à la déclaration d'ouverture du Secrétaire général de l'ONU, le 20 septembre 2000". M. Denktash ajoute que Kofi Annan avait, lors du cinquième round de pourparlers, le 8 novembre 2000 à Genève, présenté des "remarques orales" qui n'étaient pas conformes au concept d'"un nouveau partenariat" et d'un "statut égal des deux parties". La partie turque, écrit-il aux responsables de l'UE, avait donc tiré la conclusion que "ses vues légitimes étaient essentiellement ignorées et que le processus était devenu un instrument par lequel ses droits légitimes, son existence et son identité seraient estompés, dans un Chypre à prédominance grecque, au sein de l'Union européenne", et que, pour cette raison, cela n'avait pas de sens de poursuivre les pourparlers, si la réalité de l'existence de deux Etats n'était pas acceptée, par la reconnaissance de l'Etat chypriote turc.