Bruxelles, 23/02/2001 (Agence Europe) - Greenpeace, qui vient de lancer une campagne contre la "pêche pirate", critique sévèrement l'inaction de l'Union européenne face à cette activité exercée en violation des règles des organisations régionales de pêche (ORP) mais aussi particulièrement dévastatrice pour les ressources halieutiques et l'environnement marin. L'organisation non gouvernementale demande à l'UE et à tous les gouvernements de (1) fermer les ports aux navires battant pavillon de complaisance et aux bateaux de ravitaillement (l'unique des pratiques courantes de la pêche pirate consiste à laisser le bateau de pêche en haute mer et de le ravitailler avec un navire congélateur chargé de ramener les captures: NDR); (2) fermer leurs marchés aux captures effectuées par ce type de navire; (3) interdire à leurs entreprises et à leurs ressortissants de détenir ou d'utiliser des navires sous pavillon de complaisance.
L'Union européenne figure au deuxième rang parmi les dix premiers endroits où sont établies des compagnies possédant des navires battant pavillon de complaisance (PDC). Avec 168 navires communautaires sous PDC, elle talonne Taïwan (169) et précède trois pays qui délivrent ce type de pavillon: Belize (145), Panama (145) et Honduras (121). L'Espagne, championne toute catégorie de la pêche pirate, est dans la ligne de mire de Greenpeace qui souligne que sur les 168 navires communautaires sous PDC, pas moins de 116 sont en réalité espagnols. La répartition des autres navires communautaires est la suivante: Portugal (12), Grèce (11), Royaume-Uni (10), Danemark (4), France (4), Irlande (4), Pays-Bas (3), Italie (2), Finlande (1) et Suède (1). Ces chiffres de 1999 proviennent des services d'information maritime de la Lloyd's. Le porte-parole de Greenpeace, Hélène Bours, affirme aussi que certaines entreprises espagnoles auraient bénéficié d'aides d'Etat espagnoles, voire d'aides communautaires, pour le transfert de navires vers les pays offrant des PDC. Ce système aurait été l'un des principaux moyens utilisés par l'Espagne pour respecter les objectifs de réduction de capacité fixés dans les programmes pluriannuels d'orientation de la pêche.