Bruxelles, 23/01/2001 (Agence Europe) - En réponse à des critiques de la presse italienne l'accusant de mauvaise gestion de la crise de la vache folle et de tentative de désinformation des consommateurs en vue de rassurer l'opinion publique, la Commission a tenu à faire le point. Mercredi, dans un communiqué, elle précise que:
1) la Commission a été constamment à la tête plutôt qu'à la remorque des initiatives prises pour lutter contre l'épidémie: plus de 50 mesures législatives, à l'échelle de l'UE, ont été mises en place sur son initiative, et ce, souvent, en dépit de l'opposition forte de certains Etats membres. "Par exemple, l'exigence d'éliminer et de détruire les matériels à risque spécifié, qui constitue l'une des plus importantes mesures de protection vis-à-vis de l'ESB, a été adoptée en juin 2000 par la Commission, près de quatre ans après sa présentation de la proposition initiale au Conseil. Ce retard est imputable à l'opposition déclarée de certains Etats membres qui affirmaient avec insistance être exempts d'ESB sur leur territoire", souligne-t-elle
2) les mesures communautaires en soi ne suffisent pas à éradiquer l'ESB, et doivent être strictement mises en œuvre. Or, la Commission n'a cessé de déceler de graves manquements dans les Etats membres. Et les manquements les plus flagrants l'ont été précisément chez les Etats membres qui clamaient être à l'abri de l'ESB. La Commission procède actuellement à des inspections pour évaluer les performances des Etats dans la mise en œuvre des mesures les plus récentes adoptées par l'UE, en particulier le nouveau système de tests de dépistage obligatoire et l'interdiction temporaire des farines carnées dans l'alimentation des animaux de ferme. Le Conseil Agriculture du 29 janvier permettra aux ministres de l'Agriculture de faire le point sur leurs performances dans la lutte contre l'ESB.
La Commission conclut en soulignant qu'elle continuera, pour sa part, à insister pour une stricte œuvre des mesures en place. "La crise actuelle ne trouve pas son origine dans le manque de mesures mais dans leur mise en œuvre médiocre. Les critiques dénonçant les piètres performances de la Commission devraient plutôt se concentrer sur cette mise en œuvre médiocre pour déterminer à qui jeter le blâme", dit-elle.
Concernant la réflexion en cours à la Commission sur une modification éventuelle de la législation communautaire anti-vache folle, la porte-parole de David Byrne a confirmé, ce mercredi, que la Commission réfléchissait à l'opportunité d'abaisser la limite d'âge retenue pour les bovins soumis à des tests de dépistage obligatoire de l'ESB dans tous les Etats membres (cette limite établie à plus de 30 mois actuellement serait éventuellement ramenée à plus de vingt-quatre mois). Quant à l'opportunité d'allonger la liste des matériels à risque specifié, sur la base de l'avis du comité scientifique directeur (voir EUROPE du 18 janvier, p.11), le prochain Conseil Agriculture permettra de prendre le pouls des ministres, mais aucune proposition formelle ne sera soumise aux Quinze, a-t-elle précisé. Si la réflexion en cours devait déboucher sur une proposition de décision, celle-ci serait d'abord, comme il se doit, soumise au comité vétérinaire permanent.