Bruxelles, 19/01/2001 (Agence Europe) - Le ralentissement de la croissance aux Etats-Unis ne devrait avoir qu'un impact mineur sur la conjoncture économique de l'Union européenne, ont estimé jeudi soir les membres de l'Eurogroupe, réunis pour la première fois sous la présidence du ministre belge des Finances Didier Reynders. "Les perspectives de croissance en Europe sont peu affectées par la situation américaine (...) et l'on peut se fonder sur un optimisme réaliste au sein de le zone euro", a déclaré M. Reynders, lors d'une conférence de presse organisée à l'issue de la rencontre. "Les prix du pétrole sont plus bas que prévu et l'évolution du taux de change s'est améliorée par rapport aux hypothèses de travail", sur lesquelles s'est fondée la Commission européenne pour établir ses prévisions de croissance de novembre, a renchéri Pedro Solbes, commissaire européen chargé des question monétaires, qui s'attend pour 2001 à une "légère" décélération de la croissance européenne au premier semestre suivie par une reprise au second semestre, appuyée par une "claire réduction de l'inflation". "Nous sommes moins dépendants des chocs extérieurs que par le passé", a-t-il affirmé: "Les effets mécaniques d'une baisse de deux points de pourcentage de la croissance américaine devrait se traduire par une baisse de croissance dans la zone euro de peut-être 0,15%".
Premier pays à assurer la présidence de l'Eurogroupe pour une année entière, la Belgique avait soumis à ses partenaires une "note d'orientation générale" sur ses principales intentions. "Elles ont été très largement approuvées", a estimé M. Reynders. Il a insisté sur sa volonté de renforcer le dialogue entre les différentes institutions, et notamment entre la BCE et l'Eurogroupe, ainsi que de coordonner davantage les politiques économiques et de le faire dans des débats sur les réformes structurelles (retraites, emploi, etc.) et si possible de manière "pro-active", en ayant notamment, en mai ou juin, un débat d'orientation sur le budget. Au rang des priorités belges figurent également l'amélioration de la visibilité internationale de l'euro et le passage "réussi" à l'euro pratique. La Belgique compte ainsi mettre en place un "monitoring rigoureux" de l'état de préparation de chacun des Etats membres de la zone euro "dans tous les domaines cruciaux", sur la base d'un rapport que présentera à chaque réunion la Commission européenne. A ce propos, le commissaire Solbes s'est montré, jeudi, optimiste: "Nous considérons que l'évolution est maintenant assez positive. Tous les Etats ont déjà présenté un programme de passage à l'euro et les administrations ont accéléré leur préparation, même s'il est vrai qu'il y a encore beaucoup de choses à faire".
La rencontre de jeudi était aussi l'occasion d'accueillir officiellement la Grèce en tant que membre de l'Eurogroupe, depuis son entrée effective dans la monnaie unique le 1er janvier. Elle s'est déroulée en l'absence remarquée de deux ministres des Finances: l'Allemand, Hans Eichel, et le Français, Laurent Fabius.