login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 7885
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/apres-nice

Appel du commissaire Barnier pour un vrai projet et une méthode efficace, inspirée des trois étapes proposées par le président Prodi

Bruxelles, 19/01/2001 (Agence Europe) - La prochaine réforme des Institutions, prévue pour 2004, devra être menée à l'inverse de la Conférence intergouvernementale qui vient de s'achever, avec un vrai projet et une méthode efficace, a déclaré le Commissaire européen Michel Barnier, dans un premier discours volontariste et sans complaisance sur "l'après-Nice", prononcé jeudi soir, "à titre personnel", à l'invitation des régions Aquitaine, Emilia Romagna et du Land de Hesse.

Au cœur du discours du Commissaire, la nécessité de fonder les discussions sur un projet précis. "Il n'y aura pas de CIG réussie sans un projet qui réponde à ces questions (de quoi on discute et pourquoi), et sans une opinion publique qui puisse se l'approprier", a-t-il estimé. Les discussions qui ont mené au Conseil européen de Nice, comme d'Amsterdam, manquaient du "projet clair" nécessaire à leur réussite, contrairement au traité de Maastricht, "fruit de deux ans de discussions sur l'Union monétaire et l'Union politique". Le projet doit se construire sur un débat "sans tabou", et les quatre sujets indiqués à Nice pour l'après-Nice "devront s'insérer dans ce projet global".

En répondant à quelques questions, M. Barnier s'est félicité des récentes interventions de plusieurs responsables européens sur l'avenir de l'Europe, mais il a aussi "souhaité que Fischer, Chirac et Verhofstadt reprennent la parole, ne serait-ce que pour redire ce qu'ils ont dit, pour vérifier s'ils le pensent vraiment", ou en apporte d'autres idées. "Il ne faut pas que les élections les en empêchent", a-t-il affirmé.

La méthode de travail, "qui a eu incontestablement des ratés" à Nice, a été longuement abordée par le Commissaire, qui a surtout repris à son compte les trois étapes proposées par le président Prodi devant le Parlement européen (voir EUROPE d'hier p13): d'abord une réflexion ouverte à tous, puis, après le Conseil de décembre à Laeken, une phase de réflexion plus structurée, et enfin "le passage obligé d'une Conférence intergouvernementale qui devra être brève et décisive".

Pour les deux premières phases, le Commissaire Barnier a beaucoup insisté sur le débat public, estimant que "pas un seul progrès pour l'Europe" ne pourra à l'avenir "se faire derrière des portes closes". Le Commissaire croit dans l'existence d'une "opinion publique européenne" en formation, opinion qui devrait être éveillée et informée, écoutée par les Etats membres, qui, "aussi longtemps qu'ils refuseront de considérer son existence" ne trouveront que "des compromis statiques", qui viennent d'un souci "excessif des réactions que pourraient avoir les opinions nationales et les parlements nationaux".

La bonne méthode est-elle celle de la Convention chargée de la rédaction du projet de Charte des droits fondamentaux ? Tout en reconnaissant que "beaucoup d'Etats sont contre", le commissaire Barnier a estimé, en réponse à une question, qu'"il faudra faire quelque chose qui y ressemble, au moins pour la période intermédiaire, après Laeken". Et il a, en tout cas, appelé à "dépasser la querelle de dogme" entre une méthode intergouvernementale "toujours nécessaire mais pas suffisante", et la méthode communautaire "qui reste, à défaut d'une méthode nouvelle, ce qu'on a trouvé de mieux pour construire l'Europe" mais qui est "à la fois bousculée par l'élargissement et essoufflée". Selon lui, "il est possible de donner un nouveau souffle au modèle communautaire, un second souffle qui puisse durer pour les 50 ans à venir".

Enfin, M. Barnier a tracé quelques "réflexions personnelles" pour cette rénovation du modèle communautaire: 1) "préserver le rôle de la Commission" et ne pas "en faire un simple secrétariat du marché commun", s'interroger sur l'élection du président de la Commission; 2) trouver une place pour des parlementaires nationaux aux Conseils de l'UE; 3) tenir des référendums européens dans "des moments historiques"; 4) travailler à un traité constitutionnel; 5) créer, comme l'a suggéré Jacques Delors, un Conseil des affaires européennes, avec des ministres qui résideraient à Bruxelles, prépareraient les Conseils, mais participeraient aussi à leurs Conseils des ministres nationaux.

Sommaire

JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
CALENDRIER
INTERPENETRATION ECONOMIQUE