Luxembourg, 19/01/2001 (Agence Europe) - La Grèce est devenue, le 1er janvier 2001, le douzième Etat membre de la zone euro. Avec 5,3 % de la superficie de la zone euro et 3,5 % de sa population, la Grèce n'a contribué, en 1999, que pour 1,9 % de son PIB total. C'est ce qu'a constaté ce jeudi Eurostat, qui souligne que l'entrée de la Grèce n'aura donc qu'une faible incidence sur les statistiques économiques de l'ensemble de la zone euro. L'Office statistique des Communautés européennes souligne néanmoins les caractéristiques spécifiques qui distinguent la nouvelle venue de ses onze partenaires.
Ainsi, la Grèce est le pays de la zone euro où la part de la consommation des ménages dans le PIB est la plus importante (72,3 % du PIB en 1999, contre 56,7 % pour l'ensemble de la zone euro), en raison notamment d'une plus forte proportion de consommation de produits alimentaires, et en particulier de légumes. La part des investissements est également plus importante en Grèce que dans l'ensemble de la zone euro (23,7 % du PIB contre 21,5 % pour EUR12). A l'inverse, la part de la consommation finale des administrations publiques y est une des plus faibles.
Par ailleurs, la Grèce se caractérise par un poids de l'agriculture, du commerce, des transports et des communications plus élevé que dans tous les autres Etats membres de la zone euro (37,2 % contre 24,7 %). Les trois derniers secteurs cités sont aussi ceux qui contribuent le plus à la valeur ajoutée totale en Grèce, alors que dans le reste de la zone euro, ce sont les activités financières et de services aux entreprises ainsi que les produits manufacturés qui constituent les postes les plus importants et réalisent ensemble près de la moitié (49,6 %) de la valeur ajoutée (contre 36,4 % en Grèce). A noter également que le secteur des activités financières et des services connaît des taux de croissance inférieurs à ceux enregistrés dans l'ensemble de la zone euro, alors que la construction, le commerce, les transports et les communications ont connu une croissance plus élevée en Grèce que dans la zone euro de 1996 à 1999.
Au cours de la même période, le taux de croissance annuel de l'économie grecque a été en général supérieur d'environ un point à celui de la zone euro, mais le PIB de la Grèce y est toutefois le moins élevé, inférieur de 32 % en 1999 à la moyenne. La croissance des investissements a été significativement plus forte en Grèce que dans la zone euro et, à la différence de la zone euro, dont le solde du commerce extérieur a été régulièrement excédentaire de 1996 à 1999, celui de la Grèce a été constamment déficitaire.