Bruxelles, 19/01/2001 (Agence Europe) - Changer les systèmes actuels d'imposition et de sécurité sociale qui n'incitent pas les femmes à travailler; appliquer le principe "à travail égal, salaire égal"; mieux concilier vie familiale et professionnelle: tels sont les trois messages que lanceront la Commissaire à l'Egalité des chances et à l'Emploi Anna Diamantopoulou, et les ministres suédoises Ingela Thalen (Sécurité sociale) et Margareta Winberg (Egalité des chances) lors de la réunion informelle des ministres de l'Egalité des chances et de la Sécurité sociale, qui se tiendra du 21 au 23 janvier à Norrköping (voir EUROPE du 8-9 janvier p.8). Ce Conseil informel constituera une étape importante dans la préparation du Conseil européen des 23 et 24 mars prochains à Stockholm.
Les travaux commenceront véritablement lundi, sous la présidence d'Ingela Thalen, et porteront sur les questions de sécurité sociale, sur lesquelles interviendront Anna Diamantopoulou, les députés européens Michel Rocard et Maj Britt Theorin (présidents respectivement de la commission des affaires sociales et des droits de la femme), les représentants des partenaires sociaux européens et des ONG. Les discussions se feront sur la base d'un document de la Présidence, intitulé "Egalité des chances et sécurité sociale - Moteur de la croissance économique" et qui demande aux ministres de répondre notamment aux questions suivantes: (1) sont-ils d'accord avec le fait que le climat actuel offre des chances de réviser les systèmes d'imposition et de salaires, afin d'identifier et éliminer tout ce qui décourage les femmes d'intégrer le marché du travail?; (2) estiment-ils que le système de protection sociale devrait garantir une participation plus importante des femmes à des emplois de meilleure qualité? ; (3) quelles sont les initiatives importantes à prendre pour combattre les inégalités entre systèmes de sécurité sociale dues aux différences de traitement et de salaires?; (4) comment la société peut-elle organiser la protection sociale dans un contexte plus large (y compris soins de santé pour les enfants et les personnes âgées, accès aux services sociaux, etc.) de manière à encourager à la fois la participation au marché de l'emploi et un plus grand taux de naissances?; (5) quels aspects de l'égalité des genres sont-ils importants dans le contexte des plans d'action nationaux en préparation sur la lutte contre l'exclusion sociale et la durabilité des retraites ?
Ensuite, les travaux porteront sur la problématique de l'égalité de traitement entre hommes et femmes, sous la présidence de Margareta Winberg. Le même jour se tiendra un séminaire avec les ministres concernés des pays candidats à l'adhésion: présidée par les deux ministres suédoises, la réunion sera axée sur la conciliation entre la vie familiale et la vie professionnelle dans ces pays.
Mardi, Margareta Winberg invitera les ministres à faire le point sur le suivi de la conférence de Pékin sur les femmes (septembre 1995), et en particulier sur les engagements pris en la matière par les Présidences française et finlandaise de l'UE. Ingela Thalen prendra la relève pour de nouvelles discussions sur la sécurité sociale et, en fin de matinée, Margareta Winberg présentera les conclusions de la présidence et clôturera les travaux.
Diamantopoulou, Thalen et Winberg: importance de systèmes d'imposition et de sécurité sociale
Pour atteindre l'objectif du plein emploi réaffirmé à Lisbonne, il faut que les Etats membres lèvent en particulier les obstacles à la mise en place d'une politique familiale moderne permettant aux femmes d'intégrer le marché de l'emploi et d'y demeurer. Anna Diamantopoulou, Ingela Thalen et Margareta Winberg soulignent l'importance des systèmes individuels de sécurité sociale et d'imposition pour rendre réelle l'égalité des genres, dans un article publié ce week-end par le quotidien suédois Dagens Nyheter. L'expérience montre qu'il n'est pas facile de trouver un bon équilibre en passant d'un système de taxe dérivé à un système de droits individuels, constatent-elles, tout en soulignant que quelques Etats membres, dont la Suède, ont montré le lien très clair existant entre des systèmes individualisés d'imposition et de sécurité sociale, d'une part, et la promotion de l'égalité des genres, d'autre part.