Bruxelles, 18/01/2001 (Agence Europe) - Le Premier ministre polonais Jerzy Buzek a réitéré jeudi la ferme opposition de son pays contre la revendication de l'Allemagne et de l'Autriche de négocier - dans le cadre des négociations d'élargissement - des périodes transitoires pour restreindre temporairement la libre circulation des personnes (et notamment des travailleurs) des futurs Etats membres d'Europe centrale et orientale, après leur adhésion à l'UE.
Demander une période transitoire de sept ans, comme l'a fait récemment le chancelier Schröder, c'est exagéré, et une telle période serait "beaucoup trop longue", a déclaré M.Buzek à un petit groupe de journalistes, peu avant sa rencontre à Bruxelles avec le président Prodi et le Commissaire Verheugen. M. Buzek s'est aussi exprimé contre l'idée, avancée ces derniers temps (y compris par M. Verheugen), d'un régime temporaire "flexible" dont la nature et la portée pourraient varier d'un Etat membre à l'autre (en tenant notamment compte des réalités en Allemagne et en Autriche), d'un pays candidat à l'autre (la Pologne, la Slovaquie ou la République tchèque sont davantage concernées par ce problème que les pays baltes) et d'un secteur économique à l'autre (certains secteurs industriels ou artisanat dans les régions frontalières de l'UE sont réellement menacés par l'arrivée de main d'oeuvre bon marché, d'autres ont besoin d'une main-d'oeuvre supplémentaire). "Nous attachons beaucoup d'importance au principe que, dans l'Union, tout le monde est traité de manière égale, peu importe où il se trouve. Ce principe ne devrait pas être violé", a affirmé M.Buzek.
"La position polonaise est de dire qu'il ne faudra pas de périodes transitoires. Pour l'instant, nous attendons la proposition formelle de la Commission aux Etats membres (dans le projet de position commune que la Commission a annoncé pour le mois d'avril). Nous nous attendons à ce que cette proposition soit tout à fait différente de la demande du chancelier Schröder", a dit M. Buzek. Selon lui, les craintes de certains pays membres de l'UE sont "largement exagérées". Je ne m'attends pas à ce que beaucoup de Polonais, après l'adhésion, partent vers l'Allemagne ou ailleurs dans l'Union actuelle (…). Nous nous attendons même à une évolution dans l'autre sens", c'est-à-dire au retour de Polonais de l'étranger ou à l'arrivée de citoyens de la future UE élargie en Pologne, a dit le Premier ministre.
M. Buzek a aussi réitéré l'ambition de son pays de conclure les négociations d'adhésion sur pas moins de 11 chapitres au cours de la Présidence suédoise, et de finaliser l'ensemble des négociations sur l'ensemble des 31 chapitres d'ici la fin de cette année. En matière d'environnement, le gouvernement polonais entend adopter l'ensemble de l'acquis communautaire avant la fin de l'année, même si la mise en oeuvre d'une partie de la législation exigera des périodes transitoires. Dès que la Pologne sera membre de l'UE, les fonds supplémentaires du Fonds de cohésion et d'autres programmes lui permettront de progresser beaucoup plus vite dans la mise en oeuvre de l'acquis, a-t-il estimé.
M. Buzek a aussi réitéré que la Pologne, en tant que pays de transit important, souhaite être impliquée au plus haut niveau dans les discussions en cours entre l'UE et la Russie sur un renforcement des livraisons de gaz et de pétrole russe vers l'Europe.