Bruxelles, 16/11/2000 (Agence Europe) - Comme nous l'avions annoncé (voir EUROPE du 15 novembre, p.7), le Conseil Recherche a poursuivi ses travaux visant à établir un Espace européen de la Recherche et adopté une résolution qui insiste notamment sur une ouverture rapide des programmes nationaux de recherche, la mobilité des chercheurs et une approche européenne en matière d'infrastructures de recherche.
Le Conseil a aussi approuvé un projet de décision concernant la conception du projet ITER qui vise à établir la faisabilité et l'exploitation de l'énergie thermonucléaire solaire. Cette décision porte sur le mandat à la Commission pour négocier (avec la Russie, le Canada, le Japon et le Kazakhstan; les Etats-Unis se sont retirés en 1999: NdR) le cadre juridique international de l'entité qui serait ainsi créée, et ne préjuge pas de la décision finale sur la construction du réacteur de fusion et le choix de son site d'implantation. A l'heure actuelle, l'équipe ITER comprend 96 personnes dont 46 sur le site de Garching (Allemagne) et 50 sur le site japonais de Naka. Le coût de construction du réacteur est estimé à 3,6 milliards d'euros.
Les deux Conseils, celui de l'UE et celui de l'Agence spatiale européenne (ESA), ont par ailleurs approuvé une résolution qui souscrit à la conception d'une stratégie européenne pour l'Espace sur la base du document conjoint préparé par la Commission européenne et l'ESA. Lors de la conférence de presse finale, le ministre français de la Recherche Roger-Gérard Schwartzenberg -qui avait présidé la session- a qualifié de "plus que symbolique" le fait que les deux conseils se soient réunis le même jour dans la même salle. La Commission et l'ESA doivent maintenant mettre sur pied une Task force afin de disposer d'un cadre de coopération efficace pour le développement de cette stratégie.
La surprise de cette session du Conseil est venue de l'adoption, sur proposition de la Présidence française, de conclusions sur l'ESB et la maladie de Creutzfeldt-Jakob. Le Conseil invite la Commission à créer, en concertation avec les Etats membres, avant la fin de l'année 2000, un groupe d'experts chargé de dresser le bilan des recherches effectuées à ce sujet dans les Etats membres, de favoriser les échanges d'informations entre les chercheurs et d'indiquer les actions de recherche prioritaires. En ce qui concerne la forme humaine de la maladie, ces actions porteraient en particulier sur la prévention, la détection et la recherche épidémiologique et thérapeutique.
M. Schwartzenberg a relancé son idée d'Académie des sciences. Il a présenté au Conseil une note concernant l'opportunité de créer une structure légère de coordination émanant de l'ensemble des communautés académiques européennes afin de doter le Conseil, le Parlement européen et la Commission d'un dispositif leur permettant d'accéder à une expertise du plus haut niveau sur l'ensemble du champ des connaissances. Dans une autre note qu'il a aussi présentée jeudi, M. Schwarzenberg invite la Commission à soumettre au Conseil, avant la fin du premier semestre 2001, une étude sur les modalités concrètes d'une coordination, au niveau européen, des essais cliniques concernant l'infection par le VIH (virus du Sida) et, par la suite, des futurs essais vaccinaux.