Bruxelles/Libreville, 16/11/2000 (Agence Europe) - Devant la cinquantaine de ministres africains du Commerce réunis en début de semaine au Gabon, le commissaire européen Pascal Lamy a assuré que les efforts de l'Union pour intégrer de nouveaux sujets dans le prochain cycle de négociations commerciales n'ont aucune visée protectionniste. Il s'agit d'obtenir des clarifications dont bénéficieront également les pays en développement en termes d'"équité", a-t-il dit en substance. M.Lamy s'est efforcé de dissiper la "méfiance" que suscitent certains de ces nouveaux sujets: "dans mon esprit, aucun de ces sujets ne doit être prétexte à ériger des entraves aux échanges qui pourraient être préjudiciables aux efforts des pvd". Il a souligné que "l'ouverture commerciale n'est pas et ne sera jamais la seule clef du développement, mais elle n'en est pas moins une condition majeure, sous réserve qu'elle soit maîtrisée".
Le commissaire a rappelé que cette démarche visant à promouvoir un système commercial multilatéral équitable" sera vaine si, parallèlement, "des mesures ne sont pas prises pour renforcer la capacité du secteur privé à commercer et investir, et pour aider les administrations à créer un environnement propice". Cela passe, selon lui, par: a) l'amélioration du fonctionnement du cadre intégré, qui a été créé en 1997 à Genève pour procurer une assistance technique aux pays les moins avancés; b) un approfondissement de l'intégration régionale; c) la contribution supplémentaire que l'Europe est prête à apporter en concluant des Accords de partenariat économique "avec chacun des groupements régionaux que vous désignerez". Il a toutefois ajouté: "nous ne pourrons atteindre l'objectif que si les pays africains mettent en oeuvre de leur côté les politiques appropriées".
Les pays d'Afrique, qui comptent pour près d'un tiers des membres de l'OMC (41 membres sur 139) mais pour moins de 2% des exportations mondiales, ont confirmé, à Libreville, leur réticence à épauler le lancement d'un nouveau round tant que les problèmes rencontrés dans la mise en oeuvre des Accords issus du précédent round n'auront pas été réglés. Des sources concordantes ont constaté une véritable levée de boucliers d'une partie des 51 ministres du Commerce d'Afrique, derrière l'Egypte et l'Ile Maurice, contre un engagement commun en ce sens, au moins dans l'immédiat. Dès l'ouverture de la réunion, lundi, le Directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (qui co-organisait cet évènement avec le Gabon) les avait appelés à tourner le dos à la marginalisation de l'Afrique en s'impliquant davantage dans le système commercial mondial. M.Moore a tablé sur "un nouveau cycle de négociations commerciales, avec l'Afrique à la table de négociations, et les grandes préoccupations de l'Afrique à l'ordre du jour".