Bruxelles, 20/10/2000 (Agence Europe) - Noel Dorr, représentant personnel irlandais au Groupe préparatoire sur la CIG, a exposé cette semaine à la commission constitutionnelle du Parlement européen la position de son pays sur la réforme institutionnelle de l'UE en cours, en notant en particulier que, jusqu'ici, le "oui" l'avait facilement emporté lors de chaque référendum organisé en Irlande sur des questions européennes, mais que la situation pourrait être plus compliquée à l'avenir. Tout le long de son exposé, Noel Dorr a souligné que les "petits" pays ont besoin d'institutions européennes, et en particulier d'une Commission, fortes, pour protéger leurs intérêts. Et, en citant le dernier discours de Romano Prodi au Parlement européen, il a affirmé: il nous faut une Commission forte, légitime et efficace, dans laquelle tous puissent se reconnaître. L'Irlande, donc, ne peut évidemment pas renoncer à son commissaire. M.Dorr, qui a souligné que le débat sur l'avenir de l'Europe ne doit pas compromettre le présent, s'est d'ailleurs inquiété de voir que jusqu'ici les personnes intervenues dans ce débat n'ont guère insisté sur un rôle important pour la Commission...
Quant à la majorité qualifiée, M. Dorr a indiqué que l'Irlande pourrait accepter son extension à 17 articles supplémentaires, mais pas, en particulier, à des thèmes comme l'asile, la fiscalité (sauf s'il s'agit de lutter contre la fraude) et le modèle social. Huit autres Etats membres refusent davantage de passages de l'unanimité à la majorité qualifiée que l'Irlande, a-t-il fait remarquer par ailleurs. En répondant au libéral britannique Andrew Duff qui demandait si on constate aujourd'hui une sorte de "contagion britannique" en Irlande, M. Dorr a répondu: non, il n'y a pas de contagion, et nous ne sommes pas pour la primauté de l'intergouvernemental, justement parce que la méthode communautaire est essentielle pour les petits pays. L'Irlande a une attitude ouverte dans la discussion sur les coopérations renforcées, mais, selon elle, il faudrait qu'une majorité d'Etats y participent; en outre, elle met en garde contre le danger de fragmentation et de mise en cause de la cohésion au sein de l'Union.
Interrogé sur la Charte des droits fondamentaux, M. Dorr a reconnu que son pays aurait des problèmes à lui attribuer un caractère juridique et, en répondant sur une possible référence à la Charte dans l'Article 6 du Traité, il a dit craindre que cela entraîne la nécessité de convoquer un autre référendum en Irlande...