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Bulletin Quotidien Europe N° 7815
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/russie/energie

La Russie précise les conditions auxquelles elle est disposée à conclure avec l'UE un accord à long terme pour la livraison d'énergie

Bruxelles, 06/10/2000 (Agence Europe) - La suggestion récente du président Romano Prodi visant un partenariat énergétique avec la Russie garantissant des livraisons de gaz et de pétrole russes vers les marchés européens pendant au moins les prochaines 20 ans, sera l'un des sujets centraux à l'ordre du jour des rendez-vous importants entre l'UE et la Russie programmés pour les prochaines semaines. Le "plan Prodi" déjà fait l'objet de discussions et de consultations entre les services de la Commission et le ministère russe de l'Energie; la réunion du Comité de coopération UE/Russie (organe de gestion de l'Accord de partenariat et de coopération qui se réunit au niveau des hauts fonctionnaires) permettra d'approfondir la réflexion et de préciser les détails, le 12 octobre à Moscou. Ensuite, le Sommet UE/Russie du 30 octobre à Paris (auquel participera le président russe Vladimir Poutine) devrait être crucial quant à la question de savoir si le projet a aussi l'appui politique des deux parties au plus haut niveau.

Lors d'une réunion fin septembre à Bruxelles avec le vice-Premier ministre russe Viktor Khristenko, M. Prodi avait expliqué son projet qui, ensuite, a été présenté au président Poutine par le chancelier allemand Gerhard Schröder en visite à Moscou. L'objectif est clair: en vue de réduire la dépendance pétrolière de l'UE à l'égard des pays du Golfe et des autres producteurs de l'Opep, l'UE miserait davantage sur le gaz, et notamment sur une hausse des importations de gaz en provenance de la Russie. La Russie dispose de réserves importantes, mais elle a besoin d'investissements étrangers pour exploiter ces ressources et mettre en place les infrastructures de transit nécessaires pour les acheminer vers les marchés de consommation en Europe. D'où la suggestion de M.Prodi: l'UE utiliserait son poids politique et son assistance technique pour diriger vers les projets russes de production et de transit les investissements nécessaires; en contrepartie, la Russie garantirait à l'Europe une hausse des fournitures énergétiques (notamment de gaz) ainsi qu'une stabilité d'approvisionnement à long terme (20 ans au minimum).

Cette semaine, le vice-ministre russe des Affaires étrangères Ivan Ivanov, dans une interview avec Uniting Europe (le bulletin hebdomadaire de l'Agence Europe sur l'élargissement, voir n°116 du 9 octobre), a formellement affirmé que la Russie est fortement intéressée à un tel accord avec l'UE, à condition que:

l'accord ne se limite pas au gaz et au pétrole, mais qu'il couvre aussi l'électricité, d'autres types de fuel ainsi que les échanges de produits pétroliers;

la Banque européenne d'investissement (BEI) s'engage à soutenir les investissements nécessaires en Russie dans le développement ou la création de nouvelles infrastructures de production, de transport, de distribution et de raffinage des ressources énergétiques (jusqu'ici, la BEI refuse de s'engager dans les Républiques de l'ex-URSS, y compris en Russie);

l'UE prenne des mesures pour abolir certains "obstacles existants" aux exportations énergétiques russes vers le marché européen;

l'UE s'engage à promouvoir politiquement le développement, l'extension et la construction de nouvelles alternatives pour le transit de gaz et de pétrole en provenance de la Mer Caspienne et de Russie vers l'Europe, en passant par le Nord (sans traverser l'Ukraine), plutôt que continuer à soutenir le projet Bakou (Azerbaïdjan)-Ceylan (Turquie) comme c'est le cas actuellement dans le cadre du programme communautaire Inogate (Interstate Oil and Gaz Transport to Europe);

l'UE fasse pression sur l'Ukraine (un pays de transit jusqu'ici incontournable pour la majeure partie des exportations de gaz et de pétrole russe vers l'Europe) qui, selon le vice-ministre Ivanov, est en train de "voler le gaz russe" lors du transit;

l'UE s'efforce de convaincre la Pologne d'admettre la construction de nouveaux gazoducs à travers son territoire vers l'Allemagne (en provenance de Russie, en traversant la Biélorussie), ceci afin de créer une alternative à l'unique voie actuelle qui passe par l'Ukraine.

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