Varsovie, 06/10/2000 (Agence Europe) - "Je suis décidé à obtenir une percée sur l'élargissement sous présidence suédoise. Je demanderai aux leaders européens de s'engager sur un cadre spécifique menant à une conclusion rapide des négociations (…). Je veux voir de nouveaux Etats membres participer aux élections du Parlement européen en 2004 et avoir un siège à la table de la prochaine CIG". C'est ce qu'a dit Tony Blair dans son discours du 6 octobre à Varsovie (dont la teneur avait été anticipée: voir EUROPE d'hier, p.5).
M.Blair dit de ne pas voir l'utilité d"opposer les institutions européennes à la coopération intergouvernementale". Et il ajoute: "Nous avons besoin d'une Commission forte (...). De temps en temps, tous les gouvernements, Royaume-Uni inclus, trouvent le pouvoir de la Commission peu commode, mais sans elle, par exemple, le marché unique n'aurait jamais été achevé. Le Parlement est une partie vitale des poids et contrepoids dans l'UE. La Commission et le Conseil ont des rôles différents mais complémentaires". Par ailleurs, il a plaidé pour une "réforme politique" de l'UE, en disant que:
tout comme les gouvernements "vont devant leurs électorats et fixent leur agenda pour les années à venir, le Conseil européen doit en faire de même". M.Blair affirme: "Nous devons le faire dans tous les domaines cruciaux de l'action européenne, économie, politique étrangère, défense et lutte contre le crime transfrontalier. Je propose aujourd'hui un agenda annuel pour l'Europe, fixé par le Conseil européen. Le président de la Commission est un membre du Conseil européen, et il jouerait pleinement son rôle dans l'élaboration de l'agenda. Il ferait des propositions aux chefs d'Etat et de gouvernement afin qu'ils les débattent, les modifient et les entérinent. Ce serait un clair programme législatif, ainsi que politique, fixant le poids de travail des Conseils individuels. (...) nous aurions une direction politique claire, un programme et un calendrier qui guideraient toutes les institutions". M.Blair a estimé qu'il faudrait accepter de réformer la manière de travailler de chaque Conseil individuel, peut-être en prévoyant des "présidences en équipe", formée de deux ou trois Etats membres,"avec un mélange de grands et petits Etats"(et en assurant que le Secrétaire général du Conseil peut jouer pleinement son rôle dans le développement de la politique étrangère et de défense).
plutôt que d'adopter une Constitution européenne, il serait "souhaitable et réaliste" d'élaborer une Déclaration de Principes indiquant ce qu'il faut décider au niveau européen ou national, une "sorte de charte des compétences", qui serait un document politique, pas juridique";
"le moment est venu d'impliquer davantage les représentants des Parlements nationaux", en créant une deuxième Chambre du Parlement européen, qui "examinerait le travail de l'UE, à la lumière de la Déclaration de Principes" et exercerait aussi un contrôle démocratique sur la politique étrangère et de sécurité au niveau européen.
Quant à l'actuelle CIG, M.Blair a dit ne pas avoir de problèmes avec "davantage de flexibilité", pourvu qu'elle ne mène pas à "un noyau dur" et ne mine pas "le marché commun ou d'autres politiques communes". M.Blair voit des coopérations renforcées plutôt dans les deux domaines d'action qui se développent le plus actuellement (sécurité intérieure et extérieure) et estime que le Parlement devrait jouer un rôle, afin d'assurer que ces coopérations se développent correctement.