Bruxelles, 18/09/2000 (Agence Europe) - En marge du Conseil Affaires générales s'est déroulée, lundi, la septième session au niveau ministériel de la Conférence sur la réforme des institutions de l'Union européenne. La rencontre, en deux temps, fut d'abord consacrée à l'extension du vote à la majorité qualifiée au sein du Conseil des ministres de l'UE. La Présidence française souhaitait mettre en avant les six thèmes de nature plus politique, sur lesquels l'abandon de l'unanimité demeure très contesté, à savoir, certains aspects fiscaux, les dispositions touchant à la sécurité sociale, les mesures contre la discrimination, les dispositions en matière de visas, asile et immigration, et la politique commerciale commune (sur les services et les droits de propriété intellectuelle). Le débat devait ensuite se poursuivre dans la soirée, en session "super restreinte", sur le sujets qui concernent la Commission européenne. "La question du nombre de commissaires est le point dur de la négociation", a indiqué Pierre Vimont, représentant permanent de la France auprès de l'UE, en rappelant que "pour les sujets lourds, les ministres ont décidé à Evian (lors de la rencontre informelle du Conseil Affaires générales) de s'entretenir en petit comité pour avoir une discussion un peu utile".
La rencontre avait débuté par un échange de vues avec Nicole Fontaine, présidente du Parlement européen. Inquiète du fait qu'à moins d'un mois du sommet informel de Biarritz, "aucun progrès décisif tangible" n'ait été enregistré, celle-ci a appelé les Quinze à "un sursaut de volonté politique". "Dans les médias, dans nos opinions publiques, au sein du Parlement européen, commence à se répandre le sentiment que la Conférence continue de piétiner sur les trois "left over" d'Amsterdam, c'est-à-dire en fait sur les trois verrous principaux qui bloqueraient le processus de l'élargissement (...) Le sentiment qui domine est que la négociation politique n'est pas sérieusement engagée", a-t-elle affirmé, avant d'estimer que l'examen "au cas par cas" des domaines susceptibles de passer au vote à la majorité qualifiée n'a conduit à aucun progrès jusqu'à présent, "à cause des vetos croisés des différentes délégations". "Le Parlement aurait souhaité une méthode inverse, consistant à poser le principe que la majorité qualifiée serait la règle générale", a-t-elle rappelé, redoutant que la liste de ces nouveaux domaines ne se réduise finalement à la portion congrue.