Bruxelles, 18/09/2000 (Agence Europe) - Les entretiens qu'ont eus le président de la Commission européenne Romano Prodi et le commissaire au Développement Poul Nielson avec Téodoro Obiang Nguema Mbasogo, Président de la République de Guinée équatoriale, la semaine dernière à Bruxelles, se sont conclus par un feu vert conditionnel de l'Union à la relance graduelle de la coopération avec ce pays au vu des progrès réalisés dans le processus de démocratisation. Le programme de bonne gouvernance exposé par le président guinéen a été bien accueilli. Toutefois, l'appui que la Commission s'est déclarée disposée à fournir sous la forme d'une assistance technique à la promotion de la société civile, à la défense des droits de l'homme, à la bonne gestion des affaires publiques et à la lutte contre la pauvreté, dépendra de la mise en oeuvre effective des engagements souscrits.
Gelée à la fin 1994 pour violation des droits humains et des principes démocratiques (notamment lors des élections législatives de 1993, municipales de 1995 et présidentielles de 1996, qualifiées de parodies par les observateurs internationaux), la coopération de l'UE avec la Guinée équatoriale avait été partiellement reprise à la fin de 1997 à l'issue de consultations engagées avec les autorités guinéennes (au titre de l'article 366 bis de la quatrième Convention de Lomé révisée) et d'une mission d'évaluation de la situation dépêchée sur place par l'Union en novembre 1997.
La visite actuelle du président Obiang à la Commission - la deuxième depuis octobre 1997 - a été très critiquée par les sociaux démocrates au Parlement européen qui la jugeaient inopportune eu égard à l'absence de progrès enregistrés depuis lors. Selon la Commission européenne, la rencontre s'est inscrite dans le cadre du dialogue politique établi avec la Guinée équatoriale depuis 1996 dans le but d'obtenir une amélioration de la situation en matière de bonne gouvernance, du développement de l'Etat de droit et de promotion des droits de l'homme dans le pays.
« Nous sommes en train d'étudier les aides que l'on pourrait fournir à la Guinée à condition que le président Obiang respecte le processus de démocratisation qu'il nous a garanti", a déclaré Romano Prodi à l'issue de la rencontre. Le président Obiang, pour sa part, a démenti devant la presse la volonté de son gouvernement d'éliminer l'opposition politique et d'exercer des pressions politiques à son encontre en Guinée.
EUROPE rappelle que la Guinée équatoriale connaît actuellement une croissance économique importante en raison de la découverte de pétrole, mais demeure en 131ème position dans le classement des pays selon l'indice de développement humain des Nations unies .