Bruxelles, 07/06/2000 (Agence Europe) - A l'initiative d'Anna Diamantopoulou, la Commission a adopté ce mercredi une communication relative à une nouvelle stratégie-cadre communautaire en matière d'égalité entre les femmes et les hommes pour la période 2001-2005, avec une dotation financière totale de 50 millions d'euros pour les cinq ans. Cette nouvelle stratégie couvre toutes les politiques communautaires en vue de réaliser l'égalité entre les hommes et les femmes et est fondée sur des critères d'évaluation clairs, un processus de suivi, d'analyse comparative de l'efficacité et d'évaluation.
La stratégie-cadre s'articule autour de cinq objectifs: 1) égalité dans la vie économique; 2) égalité de la participation et de la représentation; 3) égalité dans la vie sociale; 4) égalité dans la vie civile; 5) modification des rôles et élimination des stéréotypes. Les actions envisagées tournent autour de deux piliers: a) un pilier "mainstreaming" qui consiste à ce que les différents services de la Commission intègrent des actions concrètes pour les femmes dans toutes les politiques, activités et programmes existants, y compris dans les politiques des relations extérieures et du développement; b) un pilier spécifique qui vise à combattre toutes les formes de discrimination que rencontrent les femmes sur leur lieu de travail (voir notamment EUROPE du 8 et du 29 janvier et du 26 février).
Pour rappel, le programme communautaire actuel sur l'égalité des chances hommes/femmes expire à la fin décembre 2000; le Parlement et le Conseil avaient dès lors demandé que soit mis sur pied un nouveau programme d'action en la matière. Fin janvier, un débat d'orientation sur ce nouveau programme s'est tenu au sein du Collège, et une concertation informelle a été organisée avec les partenaires concernés, y compris le Parlement européen, les Etats membres, les ONG et les partenaires sociaux. Cette consultation terminée, Anna Diamantopoulou a présenté sa proposition au Collège, qui l'a adoptée ce mercredi .
"La discrimination du genre est un gaspillage de talents et de ressources. C'est un poids mort au niveau des coûts pour toute la société ainsi que pour les femmes qui en sont personnellement affectées", a commenté Anna Diamantopoulou. Expliquant que nous sommes passés d'une situation où les femmes étaient considérées comme un groupe cible à une situation où il y a une obligation formelle, générale et légale de promouvoir le mainstreaming du genre dans toutes les activités, Mme Diamantopoulou a rappelé que, d'un point de vue économique, le Sommet de Lisbonne avait insisté pour que les femmes aient les mêmes chances pour accéder au marché du travail que les hommes, et plus spécialement aux emplois de la nouvelle économie. Et de conclure que le chemin est encore long dans la voie du démantèlement de l'inégalité du genre dans tous les domaines.
Au cours d'une conférence de presse, Mme Diamantopoulou a rappelé qu'il y a 20% de moins de femmes au travail que d'hommes, en ajoutant: - dans le processus décisionnel des instances européennes, les femmes n'ont représenté que 25% des membres de la Commission depuis 1995; au Parlement européen, la représentation féminine ne cesse de croître; toutefois, elles restent sous-représentées (30,2%) au cours de la période 1999-2004; - dans les parlements nationaux de l'UE, on ne trouvait que 18,6% de femmes en 1999; - dans les gouvernements des Etats membres, on ne trouve que 23% de femmes. Par ailleurs, Anna Diamantopoulou a ajouté qu'une étude récente de la Commission mentionnait qu'une femme sur cinq subissait des sévices de la part de ses familiers au moins une fois par an.