Bruxelles, 07/06/2000 (Agence Europe) - La Commission européenne a adopté sa proposition de réforme de l'organisation commune du marché dans le secteur du riz. Cette réforme vise à rétablir l'équilibre sur le marché européen et à promouvoir une plus forte compétitivité des producteurs communautaires. Elle s'appuye sur: (1) une augmentation des aides directes aux producteurs et (2) la suppression du mécanisme d'intervention. Un stockage privé est prévu pour protéger les agriculteurs des perturbations du marché. La proposition vise aussi à garantir la pérennité de cette production dans les zones de culture traditionnelles, dans la mesure où elle a un impact bénéfique pour l'environnement. Les Etats membres devront présenter pour la fin 2003 un rapport sur la situation de la riziculture du point de vue de l'environnement.
Le riz serait intégré dans le régime des cultures arables. Le paiement à la surface pour le riz passerait ainsi de 52,65 euros/tonne à 63 euros/tonne, ce qui correspond à l'aide à la surface prévue dans le cadre de l'Agenda 2000 pour les céréales, à partir de 2001/2002. Les exigences de gel des terres seront aussi appliquées à la riziculture. Sur la base du taux actuel de 10%, il y aurait une diminution de la production d'environ 150.000 tonnes de riz paddy, soit plus de 50% de la moyenne admise à l'intervention au cours des trois dernières années.
La suppression du mécanisme d'intervention implique que le système actuel de détermination des droits à l'importation dans le secteur du riz ne pourra plus être appliqué. En lieu et place du système actuel, fondé sur un prix à l'importation lié au prix d'intervention, la proposition prévoit l'application du système de tarif fixe de l'Uruguay Round. Les quantités importées à des conditions préférentielles (environ 40% des importations actuelles) resteront soumises à des droits nuls ou faibles, alors que d'autres qualités de riz qui ont acquis des parts de marchés importantes les conserveraient très probablement, estime la Commission, en s'appuyant sur les caractéristiques propres à ces riz et sur la préférence des consommateurs. La Commission reconnaît toutefois que ce nouveau système pourrait avoir une incidence pour certains pays fournisseurs. Elle est prête à négocier avec eux, afin de respecter ses obligations internationales.
Le commissaire Franz Fischler a dit que "la situation actuelle n'est pas tenable". Il a rappelé que 20% de la production communautaire est mise à l'intervention et engendre un coût important, injustifié en raison de la détérioration d'une grande quantité de riz à l'issue d'un stockage prolongé. Il a affirmé que la pire des solutions serait de maintenir le statu quo. Et d'affirmer que cette réforme va créer de nouvelles opportunités de marché pour les producteurs communautaires.
EUROPE rappelle que les Etats membres producteurs de riz sont l'Italie (52% de la production communautaire), l'Espagne (30%), la Grèce (8%), le Portugal (6%) et la France (4%). Plusieurs commissaires originaires de ces pays avaient insisté pour avoir une discussion sur cette réforme et trois d'entre eux (Mme de Palacio, MM. Solbes et Vitorino) ont maintenu leurs réserves jusqu'au bout.
La "North European Rice Millers Association" (NERMA), qui représente les intérêts des entreprises de traitement du riz en Belgique, en Allemagne, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, a vivement critiqué cette réforme qu'elle juge inadéquate pour plusieurs raisons. Elle estime qu'elle aura des répercussions négatives à la fois pour les agriculteurs et les consommateurs européens. La réforme risque aussi d'entraîner une nouvelle dispute commerciale avec les Etats-Unis, selon NERMA, qui y voit, dans le même temps, l'annulation des concessions commerciales accordées pour le riz basmati provenant d'Inde et du Pakistan.