Bruxelles, 07/06/2000 (Agence Europe) - Le président du groupe du Parti Populaire Européen et Démocrates Européens au Parlement européen, l'élu de la CDU Hans-Gert Pöttering, a demandé le 7 juin au Premier ministre portugais et président en exercice du Conseil de l'UE Antonio Guterres (qui est aussi le président de l'Internationale socialiste, souligne un communiqué du PPE) de s'engager personnellement, "dans l'intérêt de l'Union européenne", afin que les sanctions bilatérales des Quatorze contre l'Autriche soient levées avant la fin de la Présidence portugaise, le 30 juin. L'Union européenne doit relever de lourds défis, comme ceux de la réforme institutionnelle et de l'élargissement, souligne M. Pöttering, en affirmant qu'il n'existe pas de base juridique justifiant les sanctions contre Vienne.
La présidente de la CDU Angela Merkel a salué pour sa part, lors d'une conférence de presse commune avec M. Pöttering (voir plus loin), la décision de réintégrer le parti du chancelier Schüssel, l'ÖVP, dans tous ses droits en tant que membre du PPE (voir EUROPE d'hier, p.5). A la longue, on ne peut pas continuer à "isoler politiquement" un gouvernement issu d'élections démocratiques, a-t-elle affirmé, tout en admettant qu'elle n'a pas beaucoup de "sympathie" pour le parti de Haider. Je serai au sommet du Parti Populaire Européen du dimanche 18 juin à Porto, avant le Conseil européen de Feira, et le chancelier Schüssel y sera aussi, a-t-elle dit, en notant que, "entre Lisbonne et Porto, quelque chose a changé" en ce qui concerne la situation de l'Autriche (Rappelons que le sommet du PPE prévu avant le Conseil européen de février dernier à Lisbonne avait été annulé).
(Dans une interview au "Figaro", Mme Ferrero-Waldner se dit "pas très optimiste" quant à une levée des sanctions pendant la Présidence française; selon elle, il faut donc "tout faire" pour l'obtenir avant la fin de la Présidence portugaise. Interrogée sur un éventuel blocage de la CIG par Vienne, elle a déclaré: "Nous sommes pour l'élargissement et donc pour les réformes. Mais (...) si l'irritation continue de monter, le gouvernement risque d'être soumis à de fortes pressions en faveur du boycott").