Bruxelles, 29/05/2000 (Agence Europe) - Lors d'un point de presse tenu en marge du Conseil Justice/Intérieur, le ministre français de l'Intérieur Jean-Pierre Chevènement est revenu sur sa réaction aux idées avancées quant à l'avenir de l'Europe par le ministre allemand des Affaires étrangères Joschka Fischer (voir EUROPE du 24 mai, p. 5) ainsi que sur les réactions fortes suscitées par ses propos en France. Incriminant explicitement l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing (qu'il accuse de manipulation complète de ses propos), M. Chevènement a affirmé qu'il s'agissait "d'un véritable traquenard", regrettant au passage que "certains médias" s'y soient engouffrés. "Le fait d'évoquer l'histoire et le nazisme est-il un attentat à la pudeur et au politiquement correct ?" s'est-il interrogé avant d'estimer que l'Allemagne, "du fait de son passé, a tendance à fuir dans le post-national", alors qu'il refuse de croire, pour sa part, que la nation soit un "concept archaïque". M. Chevènement a encore estimé que "c'est en changeant le concept de la nation que l'Allemagne aidera l'Europe à s'affirmer", ce que ce pays a commencé à faire en ayant "déjà adopté un nouveau droit de la nationalité qui repose sur le droit du sol".