Bruxelles, 25/05/2000 (Agence Europe) - Les nouvelles règles qui généraliseront dans l'Union l'autorisation d'incorporer, dans la fabrication du chocolat, un pourcentage limité de graisses végétales d'origine tropicale autres que le beurre de cacao (jusqu'à 5% maximum du poids du produit fini) ont été formellement adoptées ce jeudi par les ministres des Quinze et entreront en application dans trois ans environ.
Reprenant à son compte l'amendement en deuxième lecture apporté par le Parlement à la "position commune" du Conseil (voir EUROPE du 16 mars, p. 11), le Conseil Marché intérieur a procédé sans débat à l'adoption formelle du texte qui modifie la directive de 1973 sur le cacao et les produits du chocolat. La directive modifiée est réputée approuvée à la majorité qualifiée, selon le résultat des votes exprimés lors de l'adoption de la "position commune", c'est-à-dire avec le vote contraire de la Belgique et des Pays-Bas et l'abstention du Luxembourg. Lors de la session ce jeudi, les délégations ont voté uniquement sur l'amendement du PE, que la Belgique est le seul Etat membre à avoir refusé.
EUROPE rappelle que la directive modifiée vise à harmoniser dans l'Union les règles de fabrication du chocolat, en étendant à l'ensemble des Etats membres la possibilité de recourir en toute légalité à une pratique (déjà en vigueur dans sept pays qui dérogeaient officiellement ou de facto à la directive de 1973). Une fois en vigueur, tous les Etats membres seront tenus d'accepter sur leur territoire le chocolat contenant le pourcentage autorisé de graisses végétales de substitution; mais les producteurs de chocolat désireux de continuer à n'utiliser que du beurre de cacao seront libres de le faire. Les dispositions d'étiquetage autoriseront ces producteurs à mentionner que leur produit est du "pur cacao" ou à recourir à la dénomination "spécialité traditionnelle garantie" et imposeront aux autres de signaler la présence de substituts de cacao à proximité de la liste des ingrédients. Ceci devrait permettre au consommateur d'exercer librement son choix à l'achat. La limitation des matières grasses de substitution à une liste de six produits d'origine tropicale vise à limiter les répercussions potentiellement négatives de ces nouvelles règles sur les pays en développement.