Bruxelles, 10/05/2000 (Agence Europe) - Le commissaire européen Pascal Lamy a élaboré quelques pistes de réflexion sur les actions à entreprendre dans le domaine commercial afin de faciliter l'accès aux médicaments des populations du tiers monde. La note qu'il a présentée à la Commission ce mercredi, identifie les principaux aspects qui méritent une analyse plus approfondie pour pouvoir inscrire "une vue d'ensemble cohérente" dans la communication sur "les principales maladies transmissibles et la réduction de la pauvreté dans les pays en développement", que le commissaire Poul Nielson est chargé de préparer.
C'est dans la perspective de ce document collégial, que différents services de la Commission se sont penchés sur les principaux aspects commerciaux liés à la problématique de l'accès des populations des PVD aux médicaments. De cet exercice de longue haleine, qui fera l'objet d'un rapport d'étape en septembre, M.Lamy a dégagé à ce stade 8 grandes orientations: i) renforcement du soutien de l'Union à la recherche et au développement, ii) financement des besoins des systèmes sanitaires dans les pays en développement, iii) possible réduction, voire élimination, des droits de douane sur les médicaments, iv) différentiel de prix entre les médicaments et le négoce parallèle, v) droits de propriété intellectuelle et licences obligatoires, vi) rôle des organisations internationales et coopération au sein du G8, vii) nécessité d'un dialogue intergouvernemental et interinstitutionnel pour relever le niveau d'engagement des gouvernements, viii) large dialogue et partenariat entre les Organisations non gouvernementales et l'industrie pharmaceutique.
Notant que le débat autour de la relation entre le commerce et l'accès aux médicaments est de plus en plus polémique et public, M.Lamy a observé qu'il tend également à s'élargir vers la problématique, plus générale, de l'accès des populations des PVD à la santé, en raison des facteurs très divers qui sont impliqués: a) insuffisance des soins de santé et de la production locale de médicaments, des financements et de l'éducation; b) manque de transferts de technologies; c) impact de la délivrance de droits de propriété intellectuelle sur les médicaments, y compris ceux de première nécessité, etc. Sur la scène internationale, l'Union européenne a déjà apporté certaines contributions, notamment en soulevant la question des licences obligatoires lors de la Conférence ministérielle de Seattle (ndlr, initiative que l'industrie pharmaceutique n'a pas soutenue) et dans le cadre des préparatifs pour la réunion du G8 à Okinawa, a-t-il rappelé. Néanmoins, a-t-il dit, la Commission doit encore trouver des initiatives, aussi bien pour le court terme qu'à plus long terme", en veillant à dégager des discussions sur ce problème des solutions bien équilibrées et à obtenir des engagements aussi larges que possible de toutes les parties intéressées (industries de recherche de base et générique, organisations non gouvernementales, gouvernements nationaux et organisations internationales).