Bruxelles,10/01/2000 (Agence Europe) - La toxicomanie et le trafic de drogue devenant un fléau mondial contre lequel il s'avère urgent de lutter par le biais notamment d'une coopération internationale, le Comité économique et social européen (CES) a élaboré un supplément d'avis d'initiative (qui complète son avis d'initiative du 25 janvier 1995) sur la communication de la Commission intitulée "Plan d'action en matière de lutte contre la drogue" (2000-2004). Cet avis, dont le rapporteur est l'Irlandaise Jillian Hassett (groupe des activités diverses), a été adopté par le Comité lors de sa dernière session plénière de 1999, le 8 décembre.
Lutter contre la drogue et la toxicomanie nécessite une réponse globale, pluridisciplinaire et intégrée et constitue un objectif indissociable de celui de créer un "espace de liberté, de sécurité et de justice", tout comme une priorité en matière de santé publique, en matière de coopération dans les domaines de la justice et des affaires intérieures ainsi que de la coopération internationale, rappelle Mme Hassett. Dans l'ensemble, l'avis accueille très favorablement la communication de la Commission; toutefois, le Comité s'y dit extrêmement préoccupé de ce que le plan d'action 2000-2004 n'ait pas identifié les moyens financiers pour son application. Or c'est là chose importante pour assurer une approche équilibrée entre la réduction de la demande ainsi que de l'offre de drogues, tout en prenant dûment en compte les responsabilités des Etats membres.
Le Comité demande plus particulièrement: - de mobiliser toutes les ressources policières et judiciaires disponibles contre les trafiquants et les organisations criminelles et d'intensifier les interventions; - d'accorder une attention particulière à l'harmonisation des législations, ainsi qu'à la coopération judiciaire, douanière et policière; - à la police, au monde de l'enseignement et aux services de réhabilitation d'agir préventivement et de manière concertée; - d'analyser et identifier l'impact des drogues afin d'avoir une image claire de ce qui arrive effectivement sur le terrain ; - à la Commission de réaliser une étude sur les facteurs socio-économiques qui influencent le développement de la consommation de drogues et de mettre en oeuvre le plan d'action visant à promouvoir une utilisation sûre d'Internet.
Enfin, le Comité constate que le recours à la drogue est souvent un symptôme des jeunes qui se sentent exclus et isolés. Il demande donc à la Commission d'identifier les mécanismes appropriés pour atteindre ces jeunes et d'établir une relation avec eux. Il est clair, conclut le Comité, qu'une meilleure coordination entre les divers services travaillant avec les enfants et les jeunes à tous les niveaux, y compris communautaire, est nécessaire pour tenter d'endiguer ce fléau.